Ce devrait être déjà fait. Disposant de bien assez d’alliés pour constituer une coalition largement majoritaire, chargé, donc, par le chef de l’Etat, dès la semaine dernière, de former le nouveau gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, le patron du principal parti de la droite, le Likoud, devrait avoir déjà présenté son équipe et obtenu l’investiture mais il n’en est rien. Deux semaines après les élections, les choses traînent en Israël car ce n’est pas avec les partis aux côtés desquels il avait fait campagne, avec les nationalistes, l’extrême droite et les partis religieux, que Benjamin Netanyahu voudrait gouverner mais avec le centre et la gauche – la coalition sortante qu’il n’avait pourtant pas eu assez de mots pour vitupérer. C’est vers elle qu’il s’est tourné pour trouver une majorité. C’est elle qu’il appelle à l’unité nationale et presse de relever avec lui les défis de l’heure dans un tête-à-queue qui en devient presque comique mais auquel absolument tout le contraint. Face, d’abord, à un président américain qui s’est aussitôt attelé à la recherche d’un règlement israélo-palestinien fondé sur la coexistence de deux Etats, Benjamin Netanyahu ne peut ni continuer à dire qu’il faudrait commencer par développer l’économie de la Cisjordanie ni se faire, surtout, l’otage d'une extrême droite qui refuse la moindre concession territoriale. Il ne le peut pas car aucun gouvernement israélien – l’histoire le prouve – ne peut résister à une vraie pression des Etats-Unis qui n’ont qu’à ralentir leurs livraisons d’armes ou rogner sur leur aide économique pour qu’Israël reçoive le message. Benjamin Netanyahu peut d’autant moins se permettre un bras de fer avec Barack Obama que la crise économique mondiale se fait désormais sentir en Israël et ce n’est pas tout. En dehors même des problèmes qu’ils pourraient lui poser sur la question palestinienne, ses alliés naturels, à sa droite, sont profondément divisés entre partis religieux, attachés au poids du rabbinat, et partis laïcs qui voudraient introduire, comme la gauche et le centre, le mariage civil. La question est extrêmement explosive depuis l’arrivée massive des immigrés de l’ex Union soviétique, très à droite pour la plupart mais qui n’ont que de très lointains rapports avec la religion. Entre une coalition conflictuelle, fragile, porteuse de conflits avec les Etats-Unis et un virage à gauche, le choix de Benjamin Netanyahu est donc tout fait. C’est la gauche. Ce ne serait pas la première fois qu’Israël serait gouverné par une coalition de ses grands partis mais, malgré tous les ministères, les plus importants, que leur propose Benjamin Netanyahu, travaillistes et centristes persistent, pour l’heure, à refuser les avances du Likoud. « Mais gouvernez ! Allez-y ! », lui répondent-ils parce qu’ils sont convaincus, premièrement, que la droite exploserait vite et, deuxièmement, qu’il faut laisser le pays voir qu’il n’y a pas d’autre solution que la création d’un Etat palestinien. Pour l’heure, la coalition sortante souhaite se refaire dans l’opposition mais les pourparlers ne sont pas rompus.

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