Hier, à Genève, un nouveau cycle de négociation sur la Syrie a repris sous l’égide de l'ONU.

Les forces du régime d'Assad ont effectué des attaques aériennes à Daraa, en Syrie, le 23 février 2017
Les forces du régime d'Assad ont effectué des attaques aériennes à Daraa, en Syrie, le 23 février 2017 © AFP / Muhammed Yusuf / ANADOLU AGENCY

Cette fois, les représentants du régime et de l’opposition siègent face-à-face et non plus dans des pièces séparées. C’est le bon côté des choses, un espoir peut-être, croyons-le, mais pour le reste…

Premier problème : le cessez-le-feu

Le cessez-le-feu instauré le 30 décembre, après la chute d’Alep, demeure si fragile que des combats se poursuivent dans plusieurs des provinces syriennes, alors même que la Russie avait demandé l’interruption des bombardements de l’aviation du régime pour la durée de ces négociations.

Deuxième problème : Bachar al-Assad

Maintenant que Bachar al-Assad a repris l’avantage sur le terrain grâce au soutien de l’aviation russe et des troupes mobilisées par l’Iran, il est moins que jamais disposé à se retirer, bien sûr, mais également à de vraies concessions politiques.

Il pourrait, oui, peut-être, inclure quelques oppositionnels de son choix à son gouvernement, travaux publics et enseignement primaire, mais le gouvernement d’union nationale, la nouvelle constitution et les élections libres que les Russes disent espérer ?

Cela ne paraît pas mûr…

Troisième problème : Iraniens et Russes ne sont plus sur la même position

Les Iraniens encouragent Bachar al-Assad à l’intransigeance - et ils sont, eux, sur le terrain, contrairement aux Russes.

Iraniens et Russes ne sont plus sur la même position.

Ils ont ensemble sauvé ce régime, mais ils divergent maintenant sur l’avenir de la Syrie car leurs intérêts sont désormais contraires.

Les Iraniens veulent un total contrôle sur ce pays afin d’en faire, via l’Irak majoritairement chiite, leur trait d’union avec le Liban et consolider ainsi l’axe chiite qu’ils ont développé en terres arabes. En Syrie, l’Iran chiite veut s’affirmer en puissance régionale en s’appuyant sur la branche alaouite du chiisme à laquelle appartient la famille Assad alors que la Russie ne veut surtout s’embourber pas dans cette guerre de religions qui est une bataille d’influence entre l’ancienne Perse et l’Arabie saoudite.

En Syrie, la Russie ne voudrait plus que sceller un compromis entre le pouvoir et l’opposition afin de sortir de cette aventure et de profiter du retrait américain pour se faire faiseur de paix et reprendre pied dans la région, en bons termes avec tout le monde, Iraniens, Saoudiens et Turcs. C’est si clair et l’opposition l’a si bien compris qu’elle s’appuie aujourd’hui sur Moscou pour tenter de contrer Téhéran et d’arracher des concessions à Bachar al-Assad.

Quatrième problème : le torchon brûle entre leurs alliés iraniens et turcs

La roue tourne vite au Proche-Orient, si vite que les Russes ne sont pas au bout de leurs peines car le torchon brûle entre leurs alliés iraniens et turcs, puisque la Turquie sunnite ne veut pas laisser l’Iran chiite prendre le contrôle de la Syrie.

Sans même parler de l’équation kurde, la Russie hérite de ces complexités proche-orientales devant lesquelles les Etats-Unis avaient choisi de se retirer en concentrant leurs efforts contre Daech, avec succès puisque Daech recule sur tous les fronts.

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