une douzaine de mineurs français engagés dans le conflit syrien, selon manuel valls
une douzaine de mineurs français engagés dans le conflit syrien, selon manuel valls © reuters
**Ukraine, Iran, Syrie, trois grandes crises dominent aujourd’hui l’actualité internationale. Entre elles, rien de commun car la question de savoir s’il faudrait ou non laisser l’Iran devenir une puissance nucléaire n’a rien à voir avec le destin de l’Ukraine, russe ou européen, et la bataille pour la fin de la dictature syrienne.** Ce sont trois dossiers complètement différents, mais il y a pourtant, entre eux, un point commun qui est la nécessité, l’incontournable obligation, du compromis. Ce n’est pas un beau mot, compromis. Il sonne compromission. Il fait lâche, abandon des principes, trahison d’une lutte. Il est, oui, tout cela en même temps mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre et cela est tout aussi vrai pour l’Iran que pour l’Ukraine ou la Syrie. Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, n’a pas tort de penser que les négociations en cours entre les grandes puissances et l’Iran ne pourront mener au mieux qu’à une situation dans laquelle la République islamique deviendrait ce qu’on appelle un « État du seuil », un pays non pas doté de l’arme nucléaire mais pouvant, comme le Japon, s’en doter en quelques mois car il en maîtrise la technologie et n’a plus qu’à vouloir pour le pouvoir. C’est un problème, une question d’équilibre des forces au Proche-Orient et d’érosion de la non-prolifération, certainement pas une petite question, mais où est l’autre choix ? Bombarder les sites nucléaires iraniens ? Militairement parlant, ce n’est pas impossible mais, outre, que cela ouvrirait un cycle de violences dont nul ne saurait prédire l’aboutissement, cela ne ferait que retarder de quelques années le moment où l’Iran aurait la bombe car on ne peut pas détruire le cerveau de ses scientifiques qui peuvent aujourd’hui la lui donner. L’Iran est d’ores et déjà un État du seuil et, face à cette réalité, mieux vaut en prendre acte et parier sur le fait que les dirigeants réformateurs que ce pays s’est donnés l’été dernier veulent le libérer des sanctions qui le frappent et en faire une puissance régionale qui compterait plus sur sa force économique que sur une force de frappe. Cela s’appelle un compromis et les Syriens devront aussi en passer par là car le régime ne peut pas plus écraser l’insurrection qu’elle ne peut le renverser. La Syrie n’en reviendra pas à la case départ. Ce régime devra profondément évoluer comme l’insurrection devra admettre qu’il ne tient pas que par la force mais aussi par le soutien du voisin iranien qui ne veut pas perdre son seul allié régional et celui des minorités qui craignent un pouvoir de la majorité sunnite. Les Syriens devront composer, passer un compromis qui garantisse les intérêts de tous, et ce donnant-donnant est également la seule solution possible en Ukraine où les faits sont que la majorité ne veut pas retomber dans l’orbite russe et regarde vers l’Europe mais qu’une large minorité de ce pays se sent russe et que la Russie ne peut pas admettre que ce pays frontalier puisse intégrer, un jour, l’Alliance atlantique. L’Ukraine ne peut sortir de sa crise qu’en se disant neutre, que par l’un de ces compromis historiques, insatisfaisants, bancals, mais nécessaires à la solution de toute crise. ### Comprendre la conférence de Genève II sur la Syrie :
La conférence Genève II sur la Syrie
La conférence Genève II sur la Syrie © Idé
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