Un scrutin régional dans ce bastion historique de gauche focalise l’attention avec le risque de victoire de la Ligue, le parti d’extrême droite de Matteo Salvini. Sa victoire pourrait fragiliser l’Italie et potentiellement faire tomber le gouvernement

La sardine est le symbole de ce nouveau phénomène citoyen en Italie, qui tente de mobiliser un sursaut citoyen contre la montée de l’extrême droite.
La sardine est le symbole de ce nouveau phénomène citoyen en Italie, qui tente de mobiliser un sursaut citoyen contre la montée de l’extrême droite. © AFP / ELIANO IMPERATO / Controluce

Ce n’est qu’une élection régionale, mais dont les conséquences pourraient être considérables. C’est l’Émilie Romagne, région riche du centre de l’Italie, bastion historique de la gauche, qui va aux urnes dimanche, ainsi que la Calabre, et pourrait bien déterminer l’avenir politique de l’Italie et même au-delà, peser sur l’Europe.

Matteo Salvini, le leader de la Ligue, le parti d’extrême droite, entend bien prendre sa revanche, après avoir perdu sa place au sein de la coalition gouvernementale italienne l’an dernier. Salvini joue de sa popularité personnelle pour faire gagner la liste de la Ligue, sans avoir peur de la démagogie : il s’est fait filmer en train d’appeler l’interphone d’un locataire tunisien pour lui demander s’il était un dealer de drogue…

Un succès de la Ligue pourrait dans le pire des cas faire tomber le gouvernement de coalition entre le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles, et au minimum fragiliser un peu plus une majorité qui ne tient plus qu’à quatre voix. Le maillon faible de cette majorité est désormais le Mouvement 5 étoiles, qui en a pourtant le leadership.

Anticipant un mauvais résultat pour son mouvement, Luigi di Maio, le ministre des Affaires étrangères, a démissionné hier de la Présidence des 5 étoiles. Dans les sondages, le Mouvement a considérablement chuté, passant même derrière le Parti démocrate, qui était pourtant mal en point.

La recomposition du paysage politique italien est loin d’être achevée. L’Italie est un éternel laboratoire d’expérimentation politique. La première à faire voler en éclat ses partis politiques traditionnels ; la première à innover avec le Mouvement 5 étoiles et sa démocratie numérique interne ; la première encore à mettre au pouvoir une coalition entre extrême droite et populistes, qui n’a guère duré.

Aujourd’hui encore, la menace de victoire de la Ligue a donné naissance sur les grandes places d’Italie à une nouvelle forme d’expression baptisée les « Sardines », sorte de flashmob de masse, qui veut ressusciter un réveil citoyen. L’un de ses initiateurs a déclaré au site « Le grand continent » qu’il ne s’agissait pas d’un mouvement de plus, mais d’un « phénomène de réappropriation des idées, des conceptions de la société ».

Ce sursaut citoyen contre la montée de Salvini suffira-t-il à sauver l’Émilie Romagne de la bascule politique ? Toute l’Italie, et même toute l’Europe, aura les yeux fixés sur Bologne, la capitale de la région. 

Au cours de l’année écoulée, l’extrême droite a perdu ses positions au pouvoir en Autriche et en Italie, et réalisé un moins bon résultat qu’escompté aux Européennes. Mais la bataille pour l’avenir de l’Europe n’est pas terminée, la prochaine étape se déroule donc dimanche au cœur de l’Italie, et elle sera décisive.

Programmation musicale
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.