La date butoir du 30 juin ne valait pas que pour la Grèce. La crise iranienne, l’autre casse-tête international mobilisant depuis encore plus longtemps des négociateurs encore plus nombreux, est également censée trouver sa solution avant mardi prochain mais, là, ce n’est pas fait.

Pour l’instant suspendues, les discussions devraient reprendre au milieu de la semaine. Elles sont si difficiles que leur prolongation n’est pas exclue et, comme il l’aurait été pour la Grèce, leur échec serait tellement catastrophique que personne ne veut l’envisager.

Côté iranien, l’enjeu est clair. Les sanctions internationales imposées à la République islamique pour l’empêcher de poursuivre sa course à la bombe, à l’arme nucléaire, ont si durement frappé son économie qu’elle veut à tout prix obtenir leur levée. La population le veut et l’a massivement dit en élisant à la présidentielle d’il y a deux ans, dès le premier tour, le très pragmatique Hassan Rohani dont tout le programme tenait en huit mots : négociations immédiates et compromis le plus rapide possible.

La théocratie iranienne et son Guide suprême, Ali Khamenei, l’homme le plus puissant du pays, ne sont pas moins désireux de sortir des sanctions, non seulement parce que leurs caisses seront bientôt vides mais aussi parce qu’une faillite économique pourrait bien vite entraîner leur faillite politique.

Côté iranien, le pays légal et le pays réel ont ainsi le même objectif, le succès de ces négociations auquel les Etats-Unis aspirent tout aussi ardemment.

Pour les Américains, il s’agit de mettre terme à 35 ans de conflits avec l’Iran qui avait été l’un de leurs principaux alliés du Proche-Orient jusqu’à la chute du Chah, qui s’était ensuite retourné contre eux et qu’ils avaient donc rangé dans « l’axe du mal » mais dont l’appui leur est redevenu nécessaire.

L’Iran chiite est le chef de file et le soutien de toutes les forces chiites de la région, du Hezbollah libanais comme du régime syrien et de la majorité chiite au pouvoir en Irak. Sans l’Iran, il serait à peu près impossible de mettre fin au bain de sang syrien, d’avoir raison des jihadistes de l’Etat islamique et de stabiliser la région avant qu’elle n’ait définitivement plongé dans une Guerre de cent ans entre les deux grandes religions, sunnite et chiite, de l’islam.

Les Etats-Unis ont besoin d’un accord avec les Iraniens pour ne pas se retrouver obligés d’aller bombarder leurs sites nucléaires et enferrés, en plus, dans un conflit sans fin. Ils en ont tant besoin et le montrent tant qu’ils sont aujourd’hui critiqués par leurs alliés saoudiens, israéliens et même européens qui leur reprochent de se montrer trop souples dans les négociations avec Téhéran mais l’accord n’est pas fait.

Question de détails techniques, de vérification et de pressions, aussi, de la majorité républicaine du Congrès que l’idée d’un compromis n’enthousiasme guère, les négociations restent à conclure et le pronostic incertain.

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