Dans un parti en plein désarroi, les primaires démocrates favorisent les femmes et les minorités

         En novembre prochain, les Etats-Unis renouvellent un tiers de leurs sénateurs, 39 gouverneurs et la totalité de leurs représentants. Ce sera les habituelles élections de mi-mandat mais, côté démocrate, les primaires en cours sont tout, sauf habituelles. 

         En Géorgie et au Texas, ce sont deux femmes, l’une noire, l’autre hispanique, qui ont été choisies pour briguer le poste de gouverneur. Au Texas, c’est l’ancienne sheriff de Dallas, âgée de 70 ans, hispanique et lesbienne, qui fera face au gouverneur républicain sortant. 

Dans l’Idaho, c’est une trentenaire amérindienne, autrement dit indienne, qui fera campagne pour devenir gouverneure, avec un « e » final et ces primaires démocrates ont également choisi, l’AFP le relevait hier, un nombre impressionnant de femmes et de profils nouveaux, jeunes et très souvent issus des minorités les plus diverses, pour briguer des sièges à la Chambre que les Démocrates espèrent bien reconquérir. 

Il ne s’agit pas là d’une stratégie de l’appareil du parti. Non, pas du tout. C’est un mouvement parti de la base, d’une base qui n’en peut plus de Donald Trump et parie, presque instinctivement, sur le fait que ces nouveaux visages, beaucoup plus représentatifs de la population américaine que ne le sont ordinairement les candidats des deux partis, pourraient faire venir aux urnes des gens qui ne s’y déplacent généralement pas, faire reculer l’abstention et donner ainsi l’avantage à la gauche, aux « progressistes » comme on dit plus volontiers aux Etats-Unis. 

C’est un peu comme si la base prenait les commandes mais elle ne le fait contre personne. La base ramasse, en fait, le pouvoir dans un parti qui n’est toujours pas revenu de la défaite d’Hilary Clinton en 2016 et ne sait pas encore bien quoi faire ni comment se positionner face à un président dont la réélection en 2020 n'est nullement exclue pour trois raisons. 

Grâce au legs de Barack Obama et aux cadeaux fiscaux faits aux entreprises par Donald Trump, la confiance des investisseurs et l’état de l’économie sont à des niveaux records. Malgré ses improvisations diplomatiques et le chaos qu’elles sèment, Donald Trump n’a déclenché aucune guerre, à ce jour en tot cas, et donc évité de se mettre trop d’électeurs à dos. Sous pression des sénateurs et représentants républicains, ce président a enfin rapidement compris qu’il était plus facile, moins risqué et plus profitable aux intérêts patrimoniaux qu’il défend de déréglementer à tour de bras que de vouloir faire adopter ou défaire de grandes lois trop politiquement symboliques. 

C’est parce que les Démocrates auront fort à faire pour l’emporter en novembre puis dans deux ans que leur désarroi est si profond et que leur base prend les choses en main pour dire que Trump n’est pas toute l’Amérique et qui sait… 

Peut-être. On verra.  

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