Pardon, pardon à tant de commentateurs et d’excellents spécialistes des questions d’intégration, mais nous nous trompons de débat. Ce terrorisme qui a frappé la Belgique, qui avait frappé la France et n’a pas fini de nous frapper n’est pas un problème européen.

Ses racines ne sont, autrement dit, pas à chercher dans les ratés de l’intégration et les bien réelles erreurs que nos pays ont commises vis-à-vis des enfants de l’immigration musulmane.

Nous avons eu, oui, le tort, de créer des ghettos communautaires et de les sous-traiter à des prêcheurs de haine sur lesquels nous avons fermé les yeux. C’est de cette impardonnable cécité qu’est née cette marge infime, mais formidablement dangereuse, de jeunes misérables qui se cherchent maintenant une raison d’être dans un islam fantasmé mais, Molenbeek ou autres, ces ghettos ne sont pas la cause mais le vivier du terrorisme.

Loin d’être européen, le problème est proche-oriental car, s’il n’y avait pas l’éclatement des frontières irakiennes et syriennes, si Daesh ne voulait pas créer un Etat sunnite à cheval sur l’Irak et la Syrie et nous ne sommait pas, à coup d’attentats, de ne plus contrarier ce projet, ce n’est pas au terrorisme que nous serions confrontés mais à une délinquance de mafias communautaires, comme il y en eut et y en a tant.

Alors, non, ne perdons pas notre temps à nous battre la coulpe ou chercher la genèse du terrorisme dans le Coran. Il y a plus urgent à faire et cette urgence, c’est d’attaquer le mal à sa racine, au Proche-Orient et, d’abord, en Syrie.

Dans son communiqué de revendication des attentats de Bruxelles, Daesh nous dit, noir sur blanc, qu’il venge là le bombardement de ses positions par la coalition dont faisons partie.

C’est vrai et cela nous laisse deux options.

L’une serait de céder au chantage en nous disant qu’il nous importe après tout peu que cette organisation veuille créer un nouvel Etat sunnite sur les décombres du Proche-Orient. D’un attentat à l’autre, cette tentation se développera en Europe mais elle serait proprement suicidaire car, si Daesh l’emportait, ses ambitions ne s’arrêteraient pas là. Daesh passerait alors à la seconde étape, à la création d’un nouveau califat sunnite dans tout le monde arabe qui viendrait, on en voit les prémisses en Libye, déstabiliser le Maghreb et l’Afrique noire et porter la guerre à nos frontières immédiates.

L’autre option, la bonne, est de priver Daesh de son fond de commerce en favorisant une cantonalisation de la Syrie, sa transformation en un Etat fédéral dans lequel la majorité sunnite et les minorités alaouite, chrétienne et kurde s’autogouverneraient dans la plus large autonomie. Non seulement il n’y a pas d’autre moyen de mettre terme à ce conflit mais, le jour où ce serait fait, Daesh ne pourrait plus se présenter comme le rempart des sunnites et perdrait la partie.

Plutôt que de nous empailler sur les failles de l’intégration, la déchéance de nationalité et autres emplacements de portails aéroportuaires, c’est à cette tâche qu’il faut nous atteler, à 28 et sans plus attendre.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.