En duplex de France Bleu Gironde.

La suppression de l’Obamacare, de la couverture médicale pour tous imposée de haute lutte par Barack Obama ? Non, Donald Trump n’en parle plus. Le mur à la frontière mexicaine que le candidat Trump se faisait fort de faire financer par les Mexicains eux-mêmes ? Non, le président Trump n’en parle plus non plus.

L’expulsion, alors, de millions d’immigrés sans papiers venus d’Amérique latine ? Non, le président élu parait bien avoir oublié cet engagement tout comme l’interdiction d’entrée du territoire américain aux musulmans semble lui être maintenant sortie de l’esprit.

Les plus fantasques de ces promesses de campagne, celles dont la fonction première était de le démarquer des autres candidats, de faire scandale et de faire parler de lui comme d’un homme n’ayant peur de rien, ces promesses-là, le président élu les a maintenant rangées au magasin des accessoires de meeting.

Parce qu’il ne pouvait pas plus expulser des millions de personnes qu’enlever leur couverture médicale à d’autres millions de personnes qui venaient juste d’en obtenir une, Donald Trump rentre dans le rang et se normalise lentement, sauf sur deux points.

Il a appelé à ses côtés des gens venus de l’extrême droite comme ce futur ministre de la Justice qui avait un jour dit à un avocat blanc qu’il « trahissait sa race » parce qu’il défendait un prévenu noir. Comme elle en avait occupé autour du candidat Trump, la plus réactionnaire et la plus raciste des Amérique, pourtant si minoritaire, occupera de hauts postes autour du président Trump qui, seconde fidélité à sa campagne, s’apprête bel et bien à revenir sur les grands accords de libre-échange.

Pour ce qui est du projet de traité transatlantique, il n’aura qu’à ne rien faire pour le ressusciter tant il est mal en point mais, pour ce qui est du traité transpacifique, Donald Trump vient d’annoncer que les Etats-Unis s’en retireraient au premier jour de son entrée en fonction, le 20 janvier.

Bonnes ou mauvaises, car il y a deux écoles, les conséquences en seront énormes. On peut plaider, car c’est vrai, que les étals américains en seront moins envahis de produits à bas coût qui ferment des usines et font augmenter le chômage ouvrier aux Etats-Unis. C’est ce qu dit Donald Trump mais on peut aussi tout aussi bien dire, car c’est tout aussi vrai, que les entreprises de pointe des Etats-Unis, celles qui créent de nouveaux emplois hautement qualifiés en auront moins de facilités à exporter. C’est un choix entre deux catégories sociales, deux Amérique, et également un choix entre le passé et le futur.que fait Donald Trump en pariant que l’Amérique sera plus à son avantage dans la négociation d’accords bilatéraux qu’interrégionaux.

C’est la première interrogation et la seconde est que la Chine pourrait bien profiter de ce retrait américain pour proposer au reste de l’Asie une autre zone de libre-échange dont elle serait le cœur. Si c’était le cas, l’Amérique se serait gravement tiré dans le pied.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.