Où l'on voit que Donald Trump, le Brexit et la crise politique allemande offrent à Emmanuel macron une occasion unique d'affirmer la France

C’était il y a trois mois seulement. « Arrogance et inexpérience », avait alors répondu la Première ministre polonaise après qu’Emmanuel Macron eut estimé que la Pologne méritait mieux que des dirigeants remettant en cause l’Etat de droit et plaçant leur pays –  rien que ça – « en marge de l’Histoire, du présent et du futur de l’Europe ». 

         On était donc fondé à se demander comment pourrait se passer leur entretien d’hier à l’Elysée mais cette même Madame Szydlo en est sortie tout sourire en déclarant qu’il « n’y avait pas de grandes difficultés entre la France et la Pologne ».  Ah bon ?... On avait pourtant cru que… 

Eh bien non, pas du tout, non, non, a expliqué la Première ministre, car quoi de plus naturel que « quelques divergences » ? Si c’est elle qui le dit, parfait, mais l’issue de cette rencontre appelle trois remarques. 

La première est qu’il y a une méthode Macron qui marche aussi bien avec Jean-Luc Mélenchon qu’avec les nationalistes polonais, avec tout le monde en fait, et qui consiste à dire, d’emblée, publiquement et très carrément, les choses qui fâchent pour passer ensuite, avec la plus exquise des courtoisies, à celles qui peuvent réunir et, d’abord, aux intérêts communs. C’est assez infaillible puisque cela ne laisse pas d’espace au malaise des non-dits, que cela ne réserve que de bonnes surprises et qu’il y a toujours des intérêts communs sur lesquels se retrouver.

La deuxième leçon de la rencontre d’hier est que des pays comme la Pologne et la Hongrie auraient trop à perdre d’une sortie de l’Union pour aller jusque-là. Nationalistes et vraiment très à droite, leurs actuels dirigeants pourfendent à longueur de journée toutes les institutions et capitales européennes mais leurs économies ont trop besoin des fonds et du marché européens pour qu’ils fassent plus que tester la patience de leurs partenaires. 

Quant à la troisième remarque qu’appelle ce rendez-vous de l’Elysée, elle est que la France se trouve aujourd’hui dans une situation qu’elle n’a pas connue depuis les temps de sa plus grande splendeur. 

Ce n’est pas que son économie ait dépassé celle de l’Allemagne ou que son président ait déjà jeté les bases d’une helvétisation du Proche-Orient. Emmanuel Macron ou pas, on n’y est pas encore mais les fantaisies et l’imprévisibilité de Donald Trump ont marginalisé les Etats-Unis, le Brexit fragilise toujours plus l’économie et la diplomatie de cette Grande-Bretagne qui fut l’une des trois puissances européennes et l’Allemagne elle-même s’offre aujourd’hui une crise politique tellement Club Med qu’on en sourit à Athènes. Alors oui, reste la France dont le bain de jouvence séduit le monde et dont le président profite de ce moment français pour se projeter sur tous les fronts.           

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