Ce ne sera pas facile et ce sera long.

Forces Peshmerga Kurdes près du village de Tiskharab le 20 octobre 2016
Forces Peshmerga Kurdes près du village de Tiskharab le 20 octobre 2016 © Getty / Carl Court

Lancée il y a une semaine aujourd’hui, l’offensive contre Mossoul, contre la deuxième ville d’Irak dont Daesh avait fait sa place forte, prendra du temps car tout la complique.

Il y a là-bas un million et demi de civils, hommes, femmes et enfants, prisonniers des djihadistes et que la coalition internationale menée par les Etats-Unis ne veut heureusement pas écraser sous les bombes. Il faudra donc avancer rue par rue alors que les chaussées et les immeubles ont tous été piégés. La libération de Mossoul impose de ne progresser que lentement et sans même pouvoir mobiliser toutes les troupes qui encerclent maintenant cette ville parce que le gouvernement irakien ne veut pas qu’elle soit libérée par les armée d’Ankara qui pourraient alors la replacer sous l’ancienne influence turque et qu’il ne faut pas non plus que les milices chiites irakiennes prennent une trop grande part aux combats alors que la région est sunnite.

Politiquement et militairement, tout est extrêmement délicat dans cette offensive qui marque pourtant un double tournant.

Comme Al-Qaëda hier, l’Etat islamique en Irak et au Levant, Daesh, est en train de perdre la partie car, déjà partout en recul, en Irak, en Libye, en Syrie, il va devoir maintenant abandonner la plus grande des villes qu’il avait conquises, pillées et martyrisées et dont il avait fait une indispensable source de richesses.

Cela ne signifie pas que le temps des attentats soit révolu.

Il s’en produira d’autres, bien au contraire, car Daesh tentera de venger son inéluctable défaite à Mossoul par de nouveaux carnages dont il garde les moyens, au Proche-Orient comme en Europe

Même une fois Mossoul libérée, le djihadisme pourra toujours frapper mais le fait est que, si dangereux qu’il reste, il ne constitue pas la menace planétaire qu’il aurait tant voulu incarner et que tant d’Occidentaux craignent si fort, mais à tort. Lentement, trop lentement mais sûrement, Daesh va tomber dans les poubelles de l’histoire et, sitôt acquise, la libération de Mossoul va priver Vladimir Poutine et Bachar al-Assad d’un atout essentiel car le boucher de Damas et le président russe ne pourront bientôt plus dire qu’il faudrait, à tout prix, sauver le régime syrien pour éviter que les djihadistes ne se dotent d’un Etat au cœur du Proche-Orient.

C’est ce qu’ils disent aujourd’hui mais maintenant que Daesh ne sera plus perçu comme une force ascendante mais comme une bande d’assassins en déroute, Vladimir Poutine aura beaucoup plus de mal à refuser de favoriser un compromis en acceptant l’éviction de Bachar al-Assad.

On en est encore loin, très loin, mais l’offensive contre Mossoul rouvre, en Syrie, les voies d’une paix négociée.

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