où le président Macri a remporté les législatives...

Je sais je pourrais tous les jours commenter des résultats d'élections quelque part dans le monde mais, croyez-moi, celles qui viennent d'avoir lieu en Argentine sont incroyables à plus d'un titre :

Pour comprendre, il faut se souvenir que l'actuel président, Mauricio Macri a été élu en 2015 de justesse et sur un programme de soupe à la grimace : fin des subventions d'Etat à l'électricité, au gaz, à l'essence, fin du contrôle des changes. Le fête était finie.

La fête, c'était une décennie entière de déconnection totale de l'économie argentine. Une décennie pendant laquelle tous ce qui était importé était surtaxé et où l'essentiel des programmes sociaux reposait sur un blocage des prix des biens de 1ères nécessité.

C'est simple : on se chauffait en Argentine pour quelques euros par mois. De la même façon, les prix facturé de l'électricité représentait une fraction des coûts réels. En conséquence, les entreprises avaient cessé d'investir : les infrastructures ont dépéri.

Vous ajoutez à cela le contrôle tatillon du dollar, l'obligation de déclarer ses téléphones portables et ordinateurs à la sortie du territoire, histoire de limiter les importations électroniques et vous obtenez une économie totalement bloquée et inéficace.

J'imagine que le retour de bâton a dû être sévère...

Vous imaginez bien ! En arrivant au pouvoir en 2015, Mauricio Macri a tenté de dégripper le blocage total et catastrophique de l'économie argentine. Ca ne va pas sans casse : inflation, augmentation de la pauvreté et surtout crispation sociale et politique.

A priori, cette situation est un boulevard pour la Passionaria de la politique argentine, l'ancienne présidente Cristina Kirchner ! Elle tenait sa revanche : il lui suffisait de se présenter à ces législatives de mi-mandat pour tout renverser et envisager un retour.

C'est l'inverse qui s'est passé : partout son parti a été battu et, plus humiliant encore, elle a été sèchement placée en 2nde position à Buenos Aires, la ville et la région la plus importante du pays. Elle est certes élue sénatrice, mais a perdu de sa superbe.

On en revient à la question du départ : comment expliquer la victoire du président Macri ?

De ce point de vue, l'Argentine ressemble beaucoup à la France : c'est un pays où l'Etat est omniprésent, où les syndicats ont un pouvoir concentré dans quelques secteurs clés : l'industrie lourde, les transports, les administrations, les banques.

Enfin, l'Argentine est comme la France, un pays politique où, souvent, la réalité importe moins que l'idéologie ou les principes. Et si Mauricio Macri l'a emporté, c'est parce qu'il sortir le pays du déni de réalité. Et ça a payé.

En fait, Mauricio Macri a simplement appliqué la méthode qui a si bien réussi à Emmanuel Macron en mai dernier : à savoir, d’un côté, proposer un visage neuf, et de l’autre, des recettes éculées mais au fond, jamais appliquées, en France comme en Argentine.

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