Cette statistique fera date : pour la 1ère fois dans l'Histoire longue du "bel paese", le nombre de plus de 60 ans a dépassé celui des moins de 30 ans. Et ça change tout !

 Le Premier ministre Giuseppe Conte, Luigi Di Maio, ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales et Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur
Le Premier ministre Giuseppe Conte, Luigi Di Maio, ministre du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales et Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur © Getty / Simona Granati - Corbis

Bien sûr le rejet par le Commission européenne de l'ensemble du budget italien est une première. Evidemment, qu'il y a de la part de Rome une intention provocatrice. Mais, au fond, on voit déjà ce qui va se passer : les Italiens aménageront à la marge un budget qui, je le rappelle, n'est pas plus honteux que celui de la France, puisqu'il restera juste en dessous des 3% de déficit, comme le notre. Ni plus, ni moins.

Quant à la dette italienne, elle est certes une des plus élevée d'Europe mais, il faut le rappeler, elle est détenue à près de 70% par les Italiens eux-mêmes. Un peu à la façon de la dette japonaise qui n'inquiète personne alors qu'elle culmine à 250% du PIB.

Matteo Salvini a déjà remporté la partie

D'autant plus aisément que cette Commission européenne est en fin de mandat. Même s'il lui reste maintenant le plus difficile à faire, à savoir gouverner l'Italie. Vous l'avez remarqué d'ailleurs, on ne parle que de lui :

Il est parvenu en quelque mois à cannibaliser le pouvoir romain alors qu'il était sensé le partager dans un triumvirat composé d'un 1er ministre, Guiseppe Conte, engagé, il est vrai, pour inaugurer les chrysanthèmes et d'un alter ego, Luigi di Maio, totalement falot.

Mais revenons à l'Italie. Il y a quelques jours est paru dans la presse italienne une info historique, passée inaperçue de ce côté ci des Alpes. Pour la 1ère fois dans l'Histoire longue de l'Italie les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 30 ans.

Un pays cauteleux, tourné vers le passé, inquiet

Même l'Allemagne, que l'on décrit vieillissante, n'en est pas là. C'est simple : l'Italie est le pays le plus âgé au monde, juste après le Japon. Ajoutez à cela une « fuite des cerveaux » : de 50 à 100 000 jeunes Italiens fuient le pays bon an mal an.

Or un pays où la population âgée prend le dessus est un pays qui a peur, un pays où le sentiment d'insécurité domine et se transmet, quelque soient les statistiques qui en Italie, comme ailleurs en Europe, montrent que la réalité de l'insécurité recule.

Un pays âgé est un pays qui n'investit pas mais épargne, un pays qui ne voit pas l'avenir avec envie, comme le feraient les jeunes s'ils pouvaient s'imposer, mais qui regarde vers le passé, se méfie des nouveautés, un pays conservateur. C'était mieux avant.

Et comment dirige-t-on un pays comme cela ? Comme Matteo Salvini : en revenant sur le report de l'âge de la retraite, en augmentant la dette italienne pour permettre aux retraités d'épargner un peu plus, en se focalisant sur les migrants, la seule nouveauté sociologique de ses 20 dernières années.

D'ailleurs, les enquêtes d'opinion ne s'y trompent pas : la Lega, son parti, est aujourd'hui le parti le plus populaire du « bel Paese » et d'une façon écrasante chez les plus de 60 ans. Jamais l'Italie n'avait été à ce point dirigé par des jeunes mais pour des vieux.

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