.Emmanuel Macron rencontre aujourd’hui Donald Trump à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Leurs rapports, initialement amicaux, sont affectés par l’unilatéralisme croissant du Président des États-Unis.

Emmanuel Macron et Donald Trump lors de l’une de leurs rencontres précédentes, au sommet de l’Otan à Bruxelles, le 11 juillet 2018.
Emmanuel Macron et Donald Trump lors de l’une de leurs rencontres précédentes, au sommet de l’Otan à Bruxelles, le 11 juillet 2018. © AFP / Tatyana ZENKOVICH / POOL / AFP

Une nouvelle fois, avec cette rencontre de New York, se pose la question que le monde entier tente de résoudre depuis bientôt deux ans : comment faut-il parler à Donald Trump ?

Emmanuel Macron a tenté une expérience, dès son élection l’an dernier, en nouant une relation très personnelle avec le Président des Etats-Unis, élu juste avant lui. On se souvient de la poignée de mains virile du G7, puis du défilé du 14 juillet suivi d’un dîner intime sur la Tour Eiffel des deux couples présidentiels.

Ce rapport très personnel a débouché au printemps sur la première visite d’Etat de l’ère Trump à Washington, réservée au Président français. 48 heures d’égards et de « body language », de ce langage corporel auquel les Américains sont si sensibles. Jusqu’à cet incroyable geste de Donald Trump enlevant d’un revers de la main une poussière sur l’épaule d’Emmanuel Macron.

Cela n’a servi à rien, hélas, car Emmanuel Macron n’a pu empêcher ni le retrait américain de l’Accord de Paris sur le climat, ni, non plus, celui de l’Accord nucléaire avec l’Iran et la réimposition de sanctions économiques. 

Donald Trump n’a tenu compte d’aucune remarque, humiliant même ses alliés en forçant leurs grandes entreprises à cesser de commercer avec l’Iran en vertu de lois américaines extraterritoriales. L’unilatéralisme dans ce qu’il a de plus cru.

Un échec cuisant pour Emmanuel Macron, même si personne ne lui reproche véritablement d’avoir essayé…

La question reste donc entière : comment vivre avec un allié qui se comporte aussi comme un prédateur, mais dont nous continuons à dépendre par bien des aspects dans un monde redevenu dangereux ?

L’ère de la familiarité avec Donald Trump est révolue, même si le Président français veut continuer à profiter de son statut ambigu de principal interlocuteur du Président des États-Unis dans le monde occidental. Ni Angela Merkel, ni Theresa May, pour des raisons différentes, ne peuvent actuellement prétendre à ce rôle.

Mais la France a pris ses distances, et exprime tout haut ses désaccords, comme l’a fait Jean-Yves Le Drian dans un entretien au « Monde » ce weekend. Le ministre des Affaires étrangères y dénonce ceux qui ne respectent pas leur parole et leur signature, et « manipulent » les faits. Et lorsque le ministre évoque une alliance de ce qu’il appelle « les puissances de bonne volonté » (outre l’Europe, il cite l’Inde, le Canada, l’Australie, le Japon, le Mexique, la Corée du Sud), les États-Unis n’en font pas partie.

Emmanuel Macron veut entraîner l’Europe dans une « autonomie stratégique » qui lui permettrait de peser face à une Amérique qui, au-delà de Trump, ne joue plus le même rôle sur la scène mondiale. Mais il est affaibli par les divisions de l’Europe et ses propres difficultés.

La rencontre de New York visera donc à s’entendre sur quelques dossiers où peuvent exister des convergences, comme la Syrie ou le Sahel, et à limiter la casse sur le reste. Donald Trump est clairement devenu, pour Emmanuel Macron, cet ami qui nous veut du mal.

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