Provocation maximum même !

Le Qatar défie l'Arabie Saoudite et renoue avec l'Iran
Le Qatar défie l'Arabie Saoudite et renoue avec l'Iran © Getty / Cultura RM Exclusive/Lost Horizon Images

Puisque Doha a décidé hier d'envoyer un ambassadeur à Téhéran. Cela faisait 20 mois que le pays avait rompu ses relations diplomatiques à cause de l'incendie de l'ambassade d'Arabie saoudite en Iran.

Pourquoi est-ce une vraie provocation ? Parce que les bonnes relations du Qatar et de l'Iran sont à l'origine du blocus imposé par 4 pays arabes depuis le 5 juin dernier.

Or, si Doha peut se permettre, 2 mois et demi après le début de ce blocus, de rétablir ses relations avec l'ennemi chiite iranien, c'est bien que ce blocus est un échec cuisant. Pire : Doha a, pour le moment, remporté la partie.

Il va falloir expliquer pourquoi et comment !

Dès le début, cette affaire était mal engagée. Le blocus n'a été soutenu que par 4 pays : l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte. Les clients des Saoudiens. Mais le Koweït et Oman, par exemple, ont refusé de suivre.

Ensuite, Les Etats-Unis ont certes tonné contre le Qatar mais pour aussitôt se raviser. Après tout, ils ont une énorme base militaire au Qatar. Ça c'est une vraie gifle pour les Saoudiens qui pensaient avoir Donald Trump dans la poche.

Enfin, le Qatar qui a pu mesurer quels étaient ses vrais amis : l'Iran, donc, ravi de voler au secours de son voisin si riche, si bon payeur, et surtout d'enfoncer un coin sans rien faire dans le camp sunnite.

La Turquie ensuite, qui a une base militaire au Qatar et qui en a profité pour promettre un millier de soldats et des produits frais. Le rêve d'Erdogan réalisé : avoir une garnison dans la péninsule arabique, comme à l'époque de l'Empire ottoman !

Mais ça ne suffit pas à tout expliquer …

Non, pour mesurer l'échec cuisant de la « bande des quatre », il faut des chiffres. Le Qatar est avant tout une bulle de gaz. Une énorme bulle de gaz, puisque le champ gazier qatari est le plus important au monde.

Or les exportations de gaz qatari n'ont pas diminué depuis le 5 juin. Mieux, elles ont augmenté de près de 8% en juillet par rapport à juillet 2016. Or, sur ce point le Qatar ne peut pas mentir, puisqu'il s'agit de livrer le marché mondial.

Enfin, il y a Neymar ! Pendant que l'Arabie saoudite dépensait des dizaines de milliards de dollars pour amadouer la Chine, l'Italie ; le Qatar, lui, n'a eu à allonger que quelques centaines de millions pour le même résultat.

Neymar serait donc un atout géopolitique ?

Pendant tout l'été on n'a parlé que de cela, aux 4 coins du monde. Et l'image du Qatar en est sortie grandie dans toute la footosphère, c'est à dire le monde entier.

Quant à l'Arabie saoudite, elle a même été contrainte de faire un geste de bonne volonté, histoire de ne pas passer pour le méchant du film. C'était il y a quelques jours : le roi Salman a permis aux Qataris de se rendre à la Mecque pour le Hajj.

L'Arabie saoudite qui rate toutes ses initiatives étrangères : en Syrie, son camp est en train de perdre face aux Russes et au régime de Bashar el Assad ; au Yémen, la guerre s'enlise et au Qatar, donc, le coup de poker est mal joué.

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