Nicolas Sarkozy est-il l’homme qui dénonçait à l’automne, avant d’être reçu par Georges Bush, « l’arrogance » dont la France aurait fait preuve lorsqu’elle s’opposait au projet d’intervention américaine en Irak ? S’il avait alors été Président aurait-il soutenu ce projet ou bien est-il l’homme qui décernait plus récemment, un 20/20 à Jacques Chirac pour la clairvoyance dont il avait fait preuve en annonçant la catastrophe que constituerait cette aventure ? « Sarko l’Américain », comme il ne lui déplaît pas qu’on l’ait appelé, a au moins évolué sur cette question mais il est, en revanche, un point sur lequel il n’y a pas d’ambiguïté chez Nicolas Sarkozy. Non seulement le candidat de l’UMP est un partisan convaincu de la relance et du développement du processus d’unification européenne mais il sait aussi comment il souhaiterait y contribuer. Pour lui, les pays membres devraient adopter sans tarder, par voie parlementaire, un « mini traité » reprenant l’essentiel des réformes institutionnelles du projet de Constitution, notamment celles qui auraient étendu le champ de la majorité qualifiée et doté l’Union d’une présidence stable et d’un ministres des Affaires étrangères. Pas besoin de nouveau référendum, dit-il, car ces dispositions-là, estime-t-il, n’ont été « contestées par personne » durant la campagne référendaire et sont indispensables au fonctionnement de l’Union élargie. C’est clair mais au service de quelles politiques ces nouvelles institutions devraient-elles être mises ? Pour le libéral qu’il dit être, les réponses de Nicolas Sarkozy sur les grandes questions économiques européennes sont étonnamment proches de celles de la gauche. Il veut « agir en faveur de l’harmonisation fiscale et sociale » et créer un gouvernement économique de la zone euro à même de décider, conjointement avec la Banque centrale, d’une politique monétaire permettant de soutenir la croissance et l’emploi et non pas seulement de lutter contre l’inflation. Il souhaite « modifier la politique de la concurrence pour permettre la constitution de champions européens » et « garantir le principe de préférence communautaire » autrement dit promouvoir des formes de protectionnisme européen. Et il voudrait même « supprimer l’attribution de fonds structurels » (des aides communautaires) « aux pays pratiquant le dumping fiscal, social ou environnemental ». Proche de la gauche en ces domaines, il est aussi, comme les Verts et les fédéralistes, très volontariste dans la promotion d’une identité européenne puisqu’il voudrait que l’Union crée ses propres Universités, que les grands courants politiques européens présentent des listes transnationales aux élections européennes, qu'elles soient menées par leurs candidats respectifs à la Présidence de la Commission et que la Commission soit composée par son Président élu et non plus par les Etats. Il est un point, en revanche, sur lequel Nicolas Sarkozy ne surprend pas. Position très populaire, il est résolument contre l’entrée de la Turquie dans l’Union.

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