Où l'on voit que Mme Le Pen ne manquera pas d'arguments mais que ses réponses ne sont pas les bonnes...

C’est le débat de fond que la France va maintenant ouvrir. En se réclamant, lui, de l’ambition européenne aussi fortement qu’il l’a fait dimanche soir, en annonçant, elle, qu’elle mènerait cette campagne du second tour en défendant le retour aux frontières nationales, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont immédiatement campé leur terrain d’affrontement privilégié.

La candidate du Front national ne manquera pas d’arguments. Il lui sera facile de dénoncer, car c’est une réalité, l’importation de produits à bas coûts mettant en faillite des productions françaises et, plus encore les délocalisations d’usines vers des pays émergents dont les coûts de fabrication sont dérisoires et vers d’autres Etats de l’Union européenne aussi où les salaires et la protections sociale sont moins élevés qu’en France.

Tout comme la mondialisation de l’économie, la libre circulation des biens et des personnes au sein de l’Union crée des distorsions sociales dont beaucoup de salariés souffrent, et gravement, mais imaginons un instant que la France revienne sur le libre-échange et l’appartenance à l’Union.

Le remède serait bien pire que le mal. Les pays émergents, la Chine et bien d’autres, imposeraient à nos produits les mêmes barrières douanières que nous imposerions aux leurs. Nos industries de pointe, Airbus et bien d’autres, seraient les premières à en pâtir. L’agriculture et l’industrie du luxe verraient se fermer des marchés dont elles dépendent et, tandis que le prix de produits de consommation courante s’envolerait et que le niveau de vie en serait abaissé, le chômage augmenterait au lieu de reculer.

Nous ne serions pas gagnants mais perdants. Nous le serions d’autant plus que d’autres pays européens qui ne nous suivraient pas sur cette voie, nous raviraient durablement nos parts de marché à l’exportation et il en va de même pour l’abaissement des barrières douanières au sein de l’Union.

Les abus nés de la libre circulation des travailleurs détachés posent bien des problèmes. Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas le savoir mais que se passerait-il, pour nous, si tant de jeunes Français ne pouvaient plus aller librement travailler ailleurs dans l’Union et si nos industries ne pouvaient plus aller s’implanter en Pologne, en Italie, en Grande-Bretagne ou en Roumanie ?

Ce serait une catastrophe, vraie, totale, absolue, mais est-ce à dire qu'il faudrait accepter le mal pour éviter le pire et ne rien changer ?

Cela ne se pose heureusement pas ainsi car il y a deux choses à faire pour parer ces problèmes.

La première est d’harmoniser les fiscalités et les niveaux de protection sociale et de développement au sein de l’Union afin de rapidement supprimer la concurrence déloyale en son sein. La seconde est de ne surtout pas défaire notre unité car c’est alors que chacun des pays européens, des puissances moyennes, se retrouverait seul face à des pays continents avec lesquels nous ne pourrions plus rien négocier alors que nous le pouvons tant que nous constituons, ensemble, un marché de 500 millions d’habitants.

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