Géopolitique par Anthony Bellanger

Aujourd’hui c’est Noël et vous avez décidé de nous emmener à Pompéi…

Pour vous raconter une sorte de conte moral bien contemporain. C’était il y a quelques semaines, au mois d’octobre exactement. Ce jour-là l’administration du musée en plein air le plus célèbre du monde reçoit un petit paquet.

Un colis soigneusement ficelé venu du Canada. Et lorsque le fonctionnaire chargé du courrier ouvre ce paquet, il tombe sur un bout de tuile romaine et un petit mot d’excuse écrit à la main :

En fait la tuile romaine avait été dérobée un demi-siècle plus tôt, à Pompéi même par une Canadienne en voyage de noce. Aujourd’hui âgée de 70 ans, la vieille dame repentante expliquait que ce larcin lui pesait depuis toujours.

Elle a donc voulu soulager sa conscience en rendant ce petit bout d’histoire à l’Italie, aux Italiens et surtout aux Pompéiens morts ensevelis sous les cendres volcaniques un jour fameux de 79 après JC.

Relance : l’histoire est jolie mais elle est assez banale…

Bruno… Un peu de patience… Elle n’est pas finie ! L’histoire de cette vieille dame repentante a, en fait, été raconté par une voisine qui se trouvait être journaliste : quelques reportages télés plus tard, elle a ému donc toute l’Amérique du Nord.

Avec une conséquence totalement inattendue : l’administration e Pompéi croule depuis octobre sous des dizaines de colis, plus ou moins bien empaquetés, venus du monde entier, et tous accompagnés de petits mots d’excuses.

Tous contiennent un bout d’amphore romaine, un tesson de poterie ou des fragments de mosaïque : un véritable bric-à-brac antique renvoyé par des touristes repentants. Au point que la direction de la ville-musée a dû renforcer ses équipes.

Relance : mais a-t-on retrouvé des pièces plus précieuses ?

Bien sûr ! Dans le lot, les conservateurs de Pompéi ont eu la très agréable surprise de tomber sur des fragments de fresque. C’est ainsi qu’ils ont pu reconstituer une partie manquante d’une des plus belles œuvres peintes de la Casa del Frutteto.

Ce morceau de peinture pompéienne avait été dérobé dans les années 80 et, grâce à la vieille dame, et au mouvement qu’elle a suscité, il pourra bientôt être à nouveau admiré par les 2,5M de touristes qui, tous les ans, se pressent à Pompéi.

Le nombre de ces menues restitutions est si important que le surintendant de Pompéi voudrait en faire une exposition, avec un catalogue qui reprendrait ces mots d’excuses écrits dans toutes les langues possible et imaginable.

Une dernière chose : parmi ces colis, les fonctionnaires de Pompéi ont aussi reçu un chèque accompagné d’un vieux procès-verbal : il s’agissait d’une amende de 1964 qu’un touriste mal garé à l’époque a décidé de payer 50 ans plus tard.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.