Destination Bethléem, la ville où, traditionnellement, les Chrétiens situent la naissance du Christ. Une ville pour qui évidemment Noël est un moment important : c'est à cette période que les hôtels, les restaurants, tout ce qui fait vivre la ville, sont au pleins de touristes. Avec en son centre, bien sûr, la basilique de la Nativité, une des plus anciennes églises au monde, puisque elle a été consacrée au 4e siècle, et la place de la mangeoire que les habitants de Bethléem mettent un point d'honneur à décorer tous les Noëls. Eh bien cette année, le cœur et les touristes n'y sont pas. Les festivités de Noël ont été réduites à leur plus simple expression : une messe, un rassemblement et un arbre de Noël sur la place. Le reste des illuminations et des célébrations ont été annulées. Et vous imaginez bien : depuis la mi-septembre, Israël est en effet plongée dans une « vague de terrorisme », selon les journaux israéliens, ou un « soulèvement populaire », ça c'est le nom qu'on trouvé les journaux palestiniens. En trois mois, cette vague de violence de basse intensité, on va dire, a fait tout de même 126 victimes côté palestinien et 19 côté israélien. Or il se trouve que Bethléem, d'ordinaire tranquille, s'est retrouvée au cœur de cette rébellion.

Cinq des attentats au couteau ou à l'arme de poing ont été commis par des natifs de Bethléem, plombant un peu plus l'atmosphère. Ajoutez à cela les avertissements des tour-operators déconseillant la ville, et vous obtenez 40 à 50% de touristes en moins. Des touristes qui viennent d'habitude du monde entier, mais essentiellement d'Europe et de Russie. Or en trois mois de temps, la Cisjordanie, et surtout Bethléem, ont dû faire face à une sorte d'orage parfait qui a ruiné les chances du tourisme local. Il y a donc ce soulèvement des couteaux et des voitures béliers. Mais il y aussi les attentats de Paris du 13 novembre. Dès le lendemain, des centaines de réservations ont été annulées : les Européens ont décidé en masse de reporter leur voyage.

Enfin, il y a depuis un mois la guerre des mots et les représailles commerciales entre la Russie et la Turquie. Des touristes russes qui ont pris l'habitude de faire une sorte de deux en un : un voyage en Turquie et ensuite un weekend dans la ville du Christ. Or beaucoup des vols russes à destination de la Turquie ont été purement et simplement annulés. Mais en regardant les statistiques du tourisme israélien, on se rend compte que les Français sont les touristes européens les plus nombreux, 277 000 en 2015. Un tourisme porté par la communauté juive française, le première d'Europe, qui ne fait pas que du tourisme : 7 900 juifs français ont émigré en 2015. Record battu. Désormais, il y a plus de Français juifs qui rejoignent l'Etat hébreu que de Juifs russes ou ukrainiens.

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