Le chômage, les retraites, le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes domineront, sans doute, la soirée télévisée du chef de l’Etat. C’est normal. Ce sont, là, les premières préoccupations des Français mais, dans la mesure où aucun grand problème ne se pose ni ne se résout plus dans les seules frontières nationales, quelques questions internationales auxquelles on aimerait avoir des réponses, ce soir ou bientôt. La première concerne l’Europe. Il s’était beaucoup dit, depuis juillet, qu’un nouveau rapprochement franco-allemand se préparait, que le président et la chancelière voulaient systématiquement coordonner leurs positions pour parler, à l’avenir, d’une seule voix, tant au sein de l’Union qu’avec les autres puissances. Où en est-on ? Va-t-on vers de simples projets communs, bienvenus, nécessaires mais ne marquant pas de changement qualitatif, ou verra-t-on apparaître, de fait au moins, une sorte d’union dans l’Union, la force motrice dont l’Europe aurait besoin ? Dans la première hypothèse, pourquoi n’être pas allé plus loin ? Dans la seconde, que veulent faire la France et l’Allemagne de la force de frappe qu’elles constitueraient ensemble ? Que veulent-elles proposer à l’Union et vont-elles la pousser à agir en tant que telle ou privilégier la recherche de consensus entre gouvernements des pays membres ? La deuxième question concerne encore l’Europe. Comment expliquer que Mme Ashton, la candidate des 27 chefs d’Etat et de gouvernement au poste de haut représentant de l’Union, de ministre européen des Affaires étrangères, n’ait pas eu le réflexe de se rendre immédiatement en Haïti, comme Hillary Clinton, d’y incarner et manifester la solidarité des Européens, par ailleurs si réelle, et cela ne rend-il pas souhaitable, nécessaire, que le Parlement rejette la candidature d’une personne manifestement si peu faite pour cette responsabilité ? La troisième question concerne toujours l’Europe. La candidature de la Turquie n’enthousiasme pas les Européens, et particulièrement pas les Français, mais la France ne se tire-t-elle pas dans le pied, économiquement, politiquement et culturellement, en prenant la tête du rejet de ce pays où ses positions auraient pu tant se développer et ne serait-il pas temps d’expliquer, aussi, les avantages qu’il y aurait à faire entrer l’Europe en Turquie et les inconvénients de ne pas le faire ? La quatrième question concerne les Etats-Unis et elle est double. En un an à la Maison-Blanche, Barack Obama a beaucoup donné le sentiment, premièrement, d’être le premier des présidents américains à peu s’intéresser au vieux monde. Est-ce qu’il incarne une évolution historique depuis longtemps prédite et, deuxièmement, que pense le chef de l’Etat des mesures bancaires annoncées par Barack Obama ? Souhaite-t-il se concerter avec lui pour y associer la France et souhaiterait-il que l’Union le fasse, en tant que telle ?

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.