C’est parti ! Iowa lundi prochain, New Hampshire huit jours plus tard, c’est parti pour les primaires américaines qui désigneront, d’ici l’été, les candidats démocrate et républicain à la présidentielle du 8 novembre mais ce n’est pas du tout parti comme on s’y attendait.

Première surprise, la plus récente, un socialiste, un homme qui se dit socialiste aux Etats-Unis, commence à sérieusement inquiéter Hillary Clinton à laquelle tout promettait pourtant une investiture démocrate sans suspense aucun.

Mme Clinton est l’une des femmes les plus connues du monde. Elle a une grande expérience de la présidence puisqu’elle a beaucoup compté durant les deux mandats de son mari, Bill Clinton, 42ième président des Etats-Unis de 1993 à 2001. Son expérience des affaires du monde n’est pas moindre puisqu’elle a été secrétaire d’Etat de Barack Obama durant quatre ans et ce n’est pas tout.

Avant d’être une femme politique, Hillary Clinton est également femme tout court et cela pourrait faire d’elle la première à briser le monopole masculin.sur la Maison-Blanche. L’expérience et la nouveauté, tout lui souriait donc, sauf… Sauf qu’à force d’être connue, elle ne surprend plus et qu’Hillary Clinton incarne à la perfection cette gauche réaliste et recentrée que les milieux d’affaires apprécient tant.

Or depuis la crise de Wall Street, les banques et les grandes entreprises ne sont plus guère populaires aux Etats-Unis et c’est ainsi qu’est sorti de l’ombre ce socialiste de 74 ans, Bernard Sanders, dit Bernie, représentant puis sénateur démocrate du Vermont depuis 25 ans.

Sa dénonciation des liens d’Hillary Clinton et de Wall Street, son passé de militant des droits civiques et sa défense acharnée d’une sécurité sociale à l’européenne qui ne profiterait plus aux assureurs privés ont surpris, intéressé et, maintenant, si bien enthousiasmé les plus jeunes électeurs démocrates que des sondages le donnent au coude à coude avec la favorite d’hier dans l’Iowa et devant elle dans le New Hampshire.

C’est très, très loin d’être gagné pour lui mais sa percée commence à troubler les analystes car elle est tout à fait comparable à celle de Donald Trump, côté républicain.

Rien de commun, bien sûr, entre ces deux hommes.

Tout les oppose au contraire, mais le tonitruant milliardaire qui vient de se vanter de « pouvoir tirer sur quelqu’un sans perdre d’électeurs » a lui aussi balayé tous les pronostics en s’imposant en grand favori de son camp contre des hommes aussi établis que Jeb Bush, fils et frère d’anciens présidents. Un nom ne garantit plus rien car, des deux côtés, les électeurs s’avèrent friands de figures neuves n’ayant peur ni de choquer ni de s’adresser aux plus radicaux des deux bords.

Il y a aujourd’hui beaucoup de similitudes entre les échiquiers européens et américain et cette quête de nouveauté est très attentivement observée par un ancien maire de New York, Michael Bloomberg, richissime républicain devenu indépendant qui se dit que… Pourquoi pas lui ?

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