A Davos, le président français est allé dire aux plus grands des patrons qu'ils devaient tout changer à la mondialisation avant qu'elle ne suscite un chaos général

Il y a beaucoup de sorte d’altermondialistes. Certains sont avant tout écolos, d’autres partisans de la croissance zéro ou totalement anticapitalistes. Emmanuel Macron n’est évidemment à ranger dans aucune de ces catégories. C’est un libéral, partisan de l’économie de marché, de la désinflation réglementaire et de la limitation de la pression fiscale mais c’est bel et bien pour une autre mondialisation qu’il a pourtant plaidé hier à Davos devant les maitres du monde  

Première citation : « On a fait croire que la croissance, ça concernait tout le monde mais ce n’est pas vrai car cette croissance, elle est de moins en moins juste puisqu’il y a une concentration sur les 1% les plus riches ». Deuxième citation : « On a, dans le monde, une dynamique qui est d’en faire toujours moins. La meilleure réponse, c’est de baisser nos impôts ! Il n’y a pas de limite ! C’est la course au plus bas et, sur le social, c’est pareil ! Si nous ne définissons pas un standard de coopération internationale, on n’arrivera pas à convaincre les classes moyennes et laborieuses que la mondialisation est bonne pour elles. Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas vrai ! »

Troisième citation, sans doute la plus forte : « Si on ne pense pas le cadre des changements technologiques, Schumpeter va très rapidement ressembler à Darwin » - on passera, veut-il dire, de la destruction créatrice des vieilles entreprises par les nouvelles à la pure et simple élimination des plus faibles, à ce « darwinisme social », entend-on, que dénoncent les adversaires du libéralisme. Quatrième citation : « Même dans mon pays, si je n’arrive pas à redonner un sens à cette mondialisation, dans 5, 10 ou 15 ans les nationalistes gagneront et le défi est maintenant de savoir si l’on sait refonder un vrai contrat mondial », autrement dit un contrat social universel. Cinquième citation : « Et ce nouveau contrat mondial, il faut qu’on le fonde autour du devoir d’investir, du devoir de partager et du devoir de protéger ». 

Alors résumons ce qu’Emmanuel Macron est allé dire hier aux plus grands et aux plus riches des patrons du monde. Il leur a dit que la mondialisation devait changer de nature avant de susciter un chaos mondial et que cela demandait, ou plutôt exige, l’arrêt de la course internationale au moins disant fiscal et social. « Vous ne pouvez pas faire d’optimisation fiscale comme elle est faite aujourd’hui », leur a-t-il dit en leur donnant en exemple l’ADN européen fait de liberté et d’équité.

Le libéralisme de ce président est ou bien social ou bien prudent. C’est comme on voudra, mais la certitude est que son libéralisme est lucide, qu’il voudrait affirmer l’Europe pour européaniser le monde et qu’il est ainsi, oui, « et de droite, et de gauche ».          

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