Aujourd'hui, crochet par les Jeux olympiques de Rio, exceptionnels à plusieurs niveaux, à quelques jours de la cérémonie d'ouverture.

On fête les prochains jeux sur la place de Copacabana
On fête les prochains jeux sur la place de Copacabana © Maxppp / ZUMA Press

Peut-on en effet imaginer plus géopolitique qu'un rassemblement aussi considérable d'athlètes venus du monde entier pour, non pas une semaine, comme l'assemblée générale annuelle de l'ONU en septembre, mais pour 3 semaines, du 5 au 21 août ? Pourtant, ces Jeux olympiques brésiliens, seront exceptionnels de plusieurs façons.

D'abord, parlons du Brésil : rarement un pays hôte n'aura été aussi conquérant au moment de l'attribution, en 2010, et aussi défait à l'heure de les inaugurer. En 2010, le Brésil était le chéri des marchés et des altermondialistes – pour une fois bizarrement réconciliés. D'un côté une croissance à faire pâlir d'envie la Chine, de l'autre des programmes qui, enfin, redistribuaient plus justement la richesse produite. Aujourd'hui, le Brésil s'enfonce dans la crise politique avec un quasi-président à sa tête, Michel Temer, et une présidente cachée, comme on dit un imam caché, en attente de son procès pour des faits qu'il faudrait une chronique entière pour expliquer.

De plus, les retards se sont accumulés et ne pourront pas être totalement comblés... Un exemple ? La ligne 4 du métro de Rio qui doit relier le village olympique au centre-ville. Elle sera inaugurée officiellement le 1er août. Mais aux dernières nouvelles, une station, Jardin d'Allah, est encore en chantier et surtout le matériel n'a pas été testé. Du coup, la ligne ne fonctionnera que par intermittence. Même topo pour le village olympique : la délégation australienne a refusé de réceptionner son espace : trop de problèmes. Décision a été prise des répartir les athlètes australiens dans des hôtels. Et ce n'est pas le seul pays qui se plaint. Les Etats-Unis ont décidé de prendre les choses en main et de terminer eux-mêmes les travaux. Le vélodrome est encore partiellement en travaux, seule la piste est terminée, c'est tout de même l'essentiel.

Ce ne sont que des détails, ça ne gâchera pas la fête ... Je ne suis pas là pour faire inspecteur des travaux à peine finis. Mais il y a plus grave : il y a d'abord cette décision du Comité international olympique de ne rien décider dans l'affaire du dopage d'Etat russe et de passer le bébé aux fédérations. C'est particulièrement lâche parce que ça reporte la pression sur des fédérations où parfois la Russie pèse lourd. On pense au judo, par exemple : comment voulez-vous que la fédération internationale de judo interdise aux Russes le sport préféré de Vladimir Poutine ? On peut parfaitement comprendre que le CIO décide de ne pas sanctionner tous les athlètes russes et, par conséquent, le pays tout entier. Mais se défausser comme cela sur plus faible et plus petit que soi, c'est la définition même de la lâcheté.

Enfin, il y a aussi des problèmes d'attribution des jeux, tout simplement ... Oui, parce qu'à force de surcoûts, de problèmes de corruption, de travaux inachevés et de dopage à répétition, l'image même des jeux est ternie. Or, pour maintenir le rêve, il faut une vraie compétition, du suspense, des villes candidates prestigieuses. Or, qu'a-t-on vu ? On a vu Boston et Hambourg abandonner la course en rase campagne, désavouées par les habitants eux-mêmes – contre l'avis de leurs élus. Des habitants qui ont trouvé les Jeux olympiques trop chers et trop... trop tout, en fait. C'est pire encore pour les JO d'hiver de 2022 qui, la dernière fois, ont tellement découragé les villes sérieuses, qu'il n' avait plus que 2 candidats : Pékin et Almaty. Le CIO a choisi la Chine plutôt que le satrape kazakh Nazarbaïev.

Alors pour ne pas totalement jouer les rabats-joie, je vais tout de même finir sur un peu de musique brésilienne : la chanson officielle des JO de Rio.

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