Les incendies qui ravagent la Grèce ont des allures de punition divine. Pourtant, le pays ruiné par la crise se redresse et commence à envisager l'avenir avec plus d'optimisme.

Près d'Athènes, dans le village de Kineta, pompiers et volontaires tentent de combattre le feu
Près d'Athènes, dans le village de Kineta, pompiers et volontaires tentent de combattre le feu © AFP / Valerie GACHE / AFP

Après une crise économique qui a frappé la Grèce plus que tout autre pays en Europe, après un effondrement du PIB grec, qui en quelques années a perdu près d'un tiers de sa valeur, ces incendies meurtriers ressemblent à une énième punition des Dieux.

Mais la Grèce n'est pas seule en Europe dans son malheur. Un autre pays, la Portugal, lui est aussitôt comparable : même population, 10 à 11 million d'habitants, même situation géographique, le sud de l'Europe, même alliances, Union européenne et OTAN et surtout, même crise et même traitement.

On pourrait même ajouter, même tendance politique au pouvoir : une coalition très à gauche tant au Portugal qu'en Grèce. Mais aussi même mimétisme tragique : en octobre 2017, des incendies avaient ravagé le Portugal et causé la mort de 45 personnes.

La Grèce s'enfonce, le Portugal s'en tire... pas si sûr !

Sous-entendu : pas la Grèce. Or, c'est faux ! Lorsqu'on regarde les deux économies, elles ont aujourd'hui exactement la même taille. A savoir que leur richesse produite totalise, l'une comme l'autre, autour de 200 milliards de dollars.

La seule vraie différence, c'est que la Grèce partait de plus haut et que sa chute a donc été très spectaculaire. Le niveau de richesse atteint avant la crise par Athènes était parfaitement artificiel : la Grèce vivait très au-dessus de ses moyens.

Et ce, alors que l'impôt en Grèce rentrait très mal. Pour compenser sans réformer, l'Etat grec empruntait à tour de bras et les Grecs eux-mêmes empruntaient sans compter : tout s'achetait à crédit, jusqu'aux paires de chaussures.

La potion amère d'une Europe décontenancée

Non ! Il est certain que la potion imposée par l'Europe a été particulièrement amère. Mais il est certain aussi que le pays devait engager des réformes drastiques, plus qu'aucun autre en Europe, une fois réglée la vraie question : rester ou non dans l’Union.

On peut tourner l'affaire comme on veut : les Grecs ne voulaient ni sortir de l'euro, ni de l'Union européenne. Or l'Europe n'avait à l'époque ni de mode d'emploi, ni même les outils pour régler ce type d'effondrement. La leçon a donc été apprise dans la douleur.

Aujourd'hui, le pays est loin d'être sorti d'affaires mais un indice montre qu'il se relève : les jeunes Grecs ont cessé d'émigrer en masse et ce depuis l'année dernière. Enfin, la Grèce règle les problèmes qui faisaient d'elle une anomalie en Europe.

Une Grèce nouvelle et réformée

Par exemple, les Grecs partaient à la retraite, en moyenne, à 55 ans ; par exemple ils avaient un secteur public obèse et financé par la dette ; par exemple ils dépensaient pour leur armée 3 à 4 fois plus que la France, en proportion bien sûr.

Mais pour donner une idée du chemin parcouru, j'ai un dernier exemple : depuis plus de 20 ans, la Grèce empêchait son voisin du nord d'intégrer l'Union européenne ou l'OTAN parce que cette ex-république yougoslave s'obstinait à vouloir s'appeler Macédoine.

Pour les Grecs, il n'y a qu'une seule Macédoine et elle est grecque. Ce conflit absurde a enfin connu une issue digne d'un pays apaisé : Athènes est parvenu à un accord avec Skopje et bientôt les 2 pays devraient coopérer. C'est ça la Grèce nouvelle et réformée.

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