(020625) Arafat a ainsi dit « oui », globalement accepté en tout cas. Sans doute n’avait-il pas le choix puisqu’il n’aurait fait, en repoussant les propositions de Georges Bush, qu’autoriser Ariel Sharon à le disqualifier mais le Président palestinien pouvait également avoir des raisons de fond d’approuver ce plan. La première tenait à l’égale compassion montrée par Georges Bush. La direction palestinienne, « the palestinian leadership » a été mis en accusation. Le gouvernement d’Ariel Sharon ne l’a pas été mais pour ce qui est des peuples, de l’injustice et des souffrances, l’Amérique, hier, tenait la balance égale. Dés les premiers mots, le parallèle est complet, jusqu’à la rhétorique. « Les citoyens israéliens, dit Georges Bush, ne peuvent continuer à vivre dans la terreur. Les Palestiniens, poursuit-il, ne peuvent pas continuer à vivre dans la misère et l’occupation ». « Je peux comprendre, dira-t-il en conclusion, la profonde colère et l’angoisse du peuple israélien. Je peux comprendre, enchaîne-t-il, la profonde colère et le désespoir du peuple palestinien ». Pas de bons, pas de méchants. Sur le fond, l’Amérique se voulait, hier, l’amie de deux peuples qu’elle voudrait aider à trouver la paix et sur cette paix que les Etats-Unis veulent promouvoir, Georges Bush a été clair. Au jour du règlement, dit-il, « il aura été mis fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 (…) et il faudra aussi résoudre les questions de Jérusalem et du sort des réfugiés palestiniens ». Autrement dit, contrairement à ce qu’Ariel Sharon écrivait, il y a quelques jours encore, dans le New York Times, Israël doit non seulement revenir aux frontières de 1967 et accepter la création d’un Etat palestinien sur les Territoires occupés mais aussi partager Jérusalem, idée totalement insupportable à la droite israélienne. Sur le fond, ce plan Bush n’est rien d’autre - et c’est tant mieux – que le plan Clinton de décembre 2000, celui que Yasser Arafat signerait aujourd’hui, vient-il de déclarer, mais qu’il n’avait pas su accepter alors, celui que la gauche israélienne, elle, avait fait sien et qu’Ariel Sharon, lui, récuse absolument. On en revient enfin à la cas départ, la bonne, mais l’habileté du discours d’hier est d’épouser les préalables que le Premier ministre israélien met à toute négociation, de ne pas faire comme s’il ne s’était rien passé depuis vingt mois. S’il avait ignoré ces vingt mois de violence et d’attentats, non seulement Georges Bush n’aurait pas pu se faire entendre des Israéliens mais il se serait aussi privé des moyens de faire pression sur les Palestiniens. Car il est vrai que, pour qu’il y ait paix, les Palestiniens doivent rompre avec le terrorisme, bâtir une démocratie et changer de « leadership ». Le mot est important. Georges Bush, bien qu’il n’ait eut en tête que Yasser Arafat, n’a pas dit changer de dirigeant, de « leader », mais de direction, de « leadership ». Si les évolution qu’ils a exigées pour soutenir la création d’un Etat palestinien dans des frontières provisoires, d’abord, puis définitives sous trois ans sont remplies, cela laisse la place à un Premier ministre en charge et à une présidence honorifique pour un père de la nation qui ne serait plus son « leader ». Arafat a dit « oui ». Il aurait raison de s’y tenir et l’Europe de l’y inciter.

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