On y croira quand ce sera fait. Les espoirs déçus ont été trop nombreux au Proche-Orient pour qu’on puisse, une fois de plus, tabler sur une percée qui ne s’est pas encore concrétisée mais le fait est que l’Egypte, la presse israélienne et les Etats-Unis annoncent, depuis hier, de très prochains progrès sur la voie d’une trêve pouvant déboucher sur un retrait des forces israéliennes de Bethléem et de la bande de Gaza. Mieux, la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le Parlement israélien, vient d’être informée, de source gouvernementale, que le Hamas aurait accepté le principe d’une cessez-le-feu de trois mois aussi bien en Israël que dans les Territoires occupés. Prudemment, l’optimisme monte mais peut-on le partager ? A priori pas car l’expérience montre que toutes les fois où la Raison semblait l’emporter, la violence l’a balayée mais la situation n’est plus la même au Proche-Orient et ce changement de donne devrait finir par peser. Georges Bush d’abord voudrait pouvoir maintenant se prévaloir d’avancées dans le conflit israélo-palestinien car la situation n’est guère brillante en Irak et que plus l’anarchie durera dans ce pays, plus les attentats se multiplieront et plus il y aura de victimes américaines, plus les interrogations sur le bien-fondé de cette intervention se renforceront aux Etats-Unis. Le premier mardi de novembre 2004, Georges Bush est soumis à réélection. Les primaires commencent dans huit mois et, sans être catastrophique, la situation de l’économie américaine n’est pas bonne. Georges Bush a besoin d’un succès qui éclipse les doutes. Il a besoin d’être en train de réussir là où tout le monde a échoué, entre Israéliens et Palestiniens, et tout montre qu’il ne veut plus lâcher ce dossier. Ses représentants se succèdent sur le terrain. Il a haussé le ton vis-à-vis de la droite israélienne, sommée de ne pas lui compliquer la tâche. Il a, parallèlement, fait comprendre au Hamas qu’il n’empêcherait pas Ariel Sharon de continuer à faire tuer ses dirigeants si les attentats suicides se poursuivaient. Le Hamas comme Ariel Sharon sont sous pression et ni l’un ni l’autre ne peuvent plus l’ignorer. L’un et l’autre, deuxième changement, semblent avoir reçu le message, Ariel Sharon qui a changé de vocabulaire et de ton, le Hamas qui ne refuse plus l’idée d’une trêve. Résultat, tandis que les Israéliens répètent qu’ils ne cesseront pas leurs « éliminations ciblées » tant que les attentats ne cesseront pas, tandis que le Hamas martèle qu’il ne cessera pas ses attentats tant qu’il ne sera pas mis terme aux éliminations ciblées, tandis qu’on bégaie en façade, on négocie en coulisses grâce aux bons offices de l’Egypte. Ce n’est pas tout. Troisième changement, les Palestiniens ont, désormais, un Premier ministre, Mahmoud Abbas, qui a clairement fait le choix de la négociation et explique, jour après jour, au Hamas que non seulement il se suiciderait en poursuivant les attentats mais ferait aussi perdre une chance historique à l’ensemble des Palestiniens. Les choses bougent. Rien n’est joué, tout est incertain et fragile mais la situation n’est plus la même.

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