Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles. Même incertaines, il y en a aussi de bonnes et la première est que Daesh, l’Etat islamique en Irak et au Levant, le commanditaire des attentats qui ont frappé Bruxelles après avoir frappé Paris, se trouve maintenant sous attaque dans deux de ses places fortes, Palmyre en Syrie et Mossoul en Irak.

A Mossoul, deuxième ville d’Irak conquise par Daesh à l’été 2014, l’opération de reconquête n’en est qu’à ses débuts mais elle est lancée. Appuyée au sol par une coalition de milices chiites et soutenue, des airs, par la coalition arabo-occidentale dirigée par les Etats-Unis, l’armée irakienne a déjà repris plusieurs localités des environs et progresse maintenant vers la ville elle-même.

Les choses ne seront pas faciles car Daesh s’est fondu dans la population dont il se fait un bouclier. Plutôt que de bombardements massifs suivis d’une offensive éclair, il s’agit donc de couper les lignes d’approvisionnement de l’organisation djihadiste et de démoraliser ses troupes afin de les inciter au repli.

Cela ne se fera pas en un jour. Ce pourrait être long, mais la coalition s’est déjà employée, depuis plusieurs mois, à isoler Mossoul des autres villes tenues par Daesh qui est, parallèlement, en train de perdre pied à Palmyre, cité antique dont ces illuminés ont détruit beaucoup des trésors architecturaux.

A Palmyre, ce sont les troupes du régime syrien qui mènent l’offensive avec le soutien du Hezbollah libanais et de l’armée russe, commandos et aviation. Là-bas, Daesh est en mauvaise posture car les troupes syriennes ont pénétré la ville de deux côtés et la prennent désormais en tenaille malgré les mines placées pour freiner leur progression.

Daesh fait, en un mot, face à des offensives simultanées - soutenues, en Syrie, par l’armée russe et, en Irak, par la coalition formée par les Etats-Unis et à laquelle la France prend une grande part.

Quant à l’autre bonne nouvelle, elle est que l’espoir d’un compromis entre le régime syrien et l’insurrection ne semble décidément plus vain.

Les négociations entamées à Genève ont été suspendues hier pour deux semaines mais de vraies conversations se sont amorcées par l’intermédiaire de l’Onu, la trêve décrétée le 27 février continue de tenir et Américains et Russes, surtout, pressent les deux parties d’avancer vers un accord.

A l’issue d’un entretien, hier à Moscou, entre Vladimir Poutine et le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, les Etats-Unis et la Russie sont convenus d’inciter le pouvoir et l’insurrection à en venir maintenant à des pourparlers directs et à élaborer une nouvelle Constitution pour la fin août.

Les choses se débloquent parce que les Russes se sont finalement convaincus qu’il n’y aurait pas de solution militaire et que le retrait partiel de leurs troupes ne laisse plus d’autre choix à Bachar al-Assad que de chercher un compromis. Ce n’est pas fait mais c’est ce qui explique déjà que Daesh sente le vent du boulet.

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