Tout conspire à lui nuire. Dix mois après son entrée en fonction, Barack Obama n’est pas seulement tombé à moins de 50% d’opinions favorables, ce qui n’était arrivé qu’à trois de ses prédécesseurs en un aussi court délai. L’homme qui, par la seule grâce de son élection, a spectaculairement redressé l’image des Etats-Unis sur les cinq continents doit également faire face – les deux chose sont évidemment liées – à un taux de chômage qui vient de passer la barre des 10%, le taux le plus élevé depuis 26 ans, et à une série, enfin, d’impasses diplomatiques, cruellement commentées partout, à mi voix dans les capitales européennes et très ouvertement par la presse américaine. Le candidat Obama avait promis de se retirer rapidement d’Irak et de vaincre les Taliban en Afghanistan mais la situation s’améliore si peu à Bagdad que les Etats-Unis pourraient n’en partir qu’en y laissant le chaos tandis qu’à Kabul, tout va mal. Là-bas, l’élection présidentielle du mois d’août a tourné à la farce, la corruption est devenue endémique et, en fait, de défaite, les taliban affirment leur contrôle sur plus de la moitié du territoire. Même déception sur le front israélo-palestinien où la Maison-Blanche échoue à faire cesser la colonisation des territoires occupés, a perdu la confiance du président palestinien et reste loin de relancer la moindre négociation. Plus grave encore, la « main tendue » à l’Iran n’a pas donné de résultat puisque le régime islamique ne se décide pas à sceller un compromis avec les grandes puissances sur la question nucléaire et, pire que tout, les Américains ont désormais le sentiment, largement fondé, qu’ils sont trop endettés vis-à-vis de la Chine pour ne pas devoir la ménager sur tous les terrains, des droits de l’homme à la sous-évaluation de sa monnaie. Rien ne va plus, aujourd’hui, pour Barack Obama mais rien n’est encore irréversible dans cette accumulation de revers. Il n’est nullement exclu que la reprise économique puisse faire repartir le chômage à la baisse. Il n’est plus impossible que Barack Obama parvienne à faire adopter les aspects essentiels de sa réforme de la couverture médicale. Le climat politique en serait alors changé à Washington. Pour le plus grand bénéfice de ces près de cinquante millions d’Américains dépourvus de toute protection contre la maladie, ce président aurait alors tenu la première de ses promesses de politique intérieure et, à l’international, rien n’est encore joué. S’ils n’ont pas dit « oui » à un compromis dont l’espoir s’amenuise de jour en jour, les Iraniens n’y ont pas non plus dit « non ». Ils n'osent pas refermer la porte et le rapprochement que Barack Obama opère avec la Russie y est pour beaucoup. Les Iraniens s’isolent sur la scène internationale et, qu’ils finissent par entendre raison ou que la Maison-Blanche parvienne à ce que l’Onu leur impose de nouvelles sanctions, ce président peut tout à fait reprendre la main vis-à-vis de Téhéran et en imposer, par là, aux Israéliens. Quant à l’Afghanistan, le probable envoi de renforts peut y changer la donne et y préparer une solution politique. Barack Obama n’a pas encore dit son dernier mot.

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