La faute à qui, difficile à dire et qu’importe d’ailleurs...

Le fait est que dans ce dernier débat entre les deux finalistes des primaires de la droite et du centre, entre deux hommes qui ont, donc, de grandes chances, l’un ou l’autre, de bientôt gouverner la France, la politique étrangère n’a occupé que sept minutes, montre en main.

C’est navrant, choquant, aberrant car rien n’est plus important que les relations internationales dans une époque où le monde est mis en ébullition par l’émergence de nouvelles puissances, le réveil d’empires déchus, le retrait de la superpuissance américaine, le délitement de l’Union européenne et l’implosion du Proche-Orient. La diminution du nombre d’ophtalmologistes est certainement un problème mais la Russie et le drame syrien pour ne parler que d’eux sont d’une tout autre importance et sept minutes, c’était d’autant plus insuffisant que c’est sur ces questions-là qu’Alain Juppé et François Fillon diffèrent vraiment.

Alors rouvrons le débat.

Les Occidentaux ont commis beaucoup d’erreurs en Russie. Ils ont eu le tort de refuser de soutenir Mikhaïl Gorbatchev qui, lui, voulait instaurer la démocratie dans son pays et transformer l’Union soviétique en un marché commun d’Etats indépendants. Les Occidentaux ont ensuite eu le tort, encore plus grand, de tant applaudir Boris Eltsine car sa thérapie de choc s’est accompagnée d’une telle sauvagerie sociale et de telles spoliations de la richesse nationale que beaucoup de Russes en ont été dégoûtés de la démocratie et de l’économie de marché.

Les Occidentaux portent une immense responsabilité dans l’actuel retour d’une Russie dictatoriale, agressive et revancharde mais, quel que soit le passé, le présent est que la Russie de Vladimir Poutine annexe des territoires en Europe, en envahit d’autres et prête la main, en Syrie, à un régime totalement odieux dans le seul but de reprendre pied au Proche-Orient.

Cela ne peut pas être admis sans encourager de tels comportements. Il faut continuer de parler à la Russie et personne n’a d’ailleurs cessé de le faire mais, dans cet indispensable dialogue, la complaisance est interdite et la fermeté requise, sanctions économiques comprises.

En Syrie, maintenant, rien, absolument rien, ne devrait autoriser à réduire la barbarie des bombardements russes et syriens sur Alep aux déplorables violences d’une guerre civile. Ces bombardements sont inadmissibles, point à la ligne, et le sont d’autant plus que ce conflit n’est pas un affrontement entre le régime Assad et Daesh qui n’est pas présent à Alep et s’effondre, trop lentement mais sûrement, sous les coups non pas des Russes mais de la coalition arabo-occidentale conduite par les Etats-Unis. En Syrie, le problème n’est virtuellement plus Daesh mais la capacité des puissances régionales et internationales à permettre la définition d’un nouvel équilibre national et la redéfinition d’un équilibre régional entre sunnites et chiites. Or l’inconditionnel soutien de la Russie à Bachar al-Assad n’y contribue pas, bien au contraire.

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