La réélection de Barack Obama est tout, sauf assurée. Elle n’est pas bien sûr pas exclue, d’autant plus possible qu’on est encore à douze jours du 6 novembre et que bien des retournements peuvent se produire d’ici là mais, pour l’heure, rien ne sourit vraiment au président sortant.

Les sondages, d’abord, ne sont guère encourageants pour son camp puisqu’ils donnent maintenant les deux candidats au coude-à-coude, dans une égalité des intentions de vote qui est en train de s’installer. Qu’il se montre courtois et retenu, comme lors de son premier débat avec son adversaire républicain, ou qu’il fasse preuve, au contraire, d’une mordante pugnacité, Barack Obama n’arrive plus à reprendre l’avantage dont il avait longtemps bénéficié aux débuts de la campagne et là n’est pas le pire.

Aux Etats-Unis, Etat fédéral dont les Etats constituants pèsent beaucoup plus lourd qu’on ne le croit à l’étranger, ce n’est pas la majorité des voix qui fait l’élection. L’élu est celui qui s’est assuré le plus grand nombre de « grands électeurs », de ces mandats dont dispose chacun des Etats à proportion de son importance et qui sont tous remportés, dans chacun d’entre eux, par celui des candidats qui y est arrivé en tête.

C’est pour cela que les campagnes présidentielles américaines se concentrent, surtout en fin de parcours, sur les Etats où les intentions de vote ne sont pas claires, les « Swing states », les Etats hésitants qui feront la décision le jour du vote. Or, après être apparu solide dans ces Etats-là, Barack Obama y recule aujourd’hui, au point d’être à égalité des intentions de vote avec Mitt Romney dans plusieurs d’entre eux. Encore une fois rien n’est joué mais ce qui semblait improbable il y a encore un mois ne l’est plus aujourd’hui. Barack Obama peut-être battu et il y a trois raisons à cela.

La première est que les électeurs jugent un sortant à ses résultats, que l’économie ne s’est pas encore totalement remise du krach de 2008 et que, face à la faiblesse de la croissance et au maintien d’un chômage élevé, les Américains ne se demandent pas quel parti et quelle politique avaient conduit à la faillite de Wall Street mais si un nouvel homme ne pourrait pas faire mieux.

Le deuxième handicap de Barack Obama est que Mitt Romney a totalement changé de cheval en un mois. Après avoir couru après la droite la plus extrême pour remporter l’investiture républicaine, il s’est recentré du jour au lendemain, insistant sur sa volonté de compromis et abandonnant toute rhétorique guerrière en politique étrangère. Il est d’autant plus à l’aise dans ce nouveau rôle qu’il correspond sans doute mieux à son être profond et Barack Obama n’a pas encore trouvé ses angles d’attaque contre ce nouveau Romney.

Et puis enfin, il avait fallu un krach et la débâcle de Georges Bush pour que l’Amérique se tourne vers un candidat aussi improbable que Barack Obama, métis au nom venu d’Afrique et, qui plus est, intellectuel sophistiqué et un tantinet aristocrate sorti d’Harvard. Rien n’est joué mais il avait fallu une double catastrophe pour qu’Obama soit élu et elle n’est plus là car il en a tourné la page.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.