Ce matin les Américains, médusés, découvrent qu'ils ont des soldats en Afrique...

Et il a fallu la mort de 4 de leurs soldats, le 4 octobre dans une embuscade au Niger. Et encore, pas tout de suite : Donald Trump a attendu une quinzaine de jours avant d'évoquer cet incident.

Depuis, il y a séance de rattrapage ! Les Américains ont donc appris qu'ils avaient 800 soldats au Niger et que l'Afrique était le 2ème terrain d'intervention de leurs forces spéciales, après le Moyen-Orient. C'est simple, il y a 10 ans, seules 3% d'entre elles y étaient engagées, aujourd'hui c'est 17% !

Et il n'est même pas certain que Donald Trump en sache beaucoup plus...

C'est l'impression que l'on a en décryptant ses rares interventions sur le sujet. Tout a commencé par l'invention d'un pays, carrément, la « Nambie ». Mais c'était au début, on pouvait pardonner.

Ensuite, on a eu les impairs, comme lorsque le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, à peine installé, avait snobé le secrétaire général de l'Union africaine, Moussa Faki, humiliant par là-même tout le continent.

Ensuite, il y a ces nominations qui ne viennent pas : toujours pas de conseiller spécial Afrique à la Maison-Blanche et au département d'Etat, le sous-secrétaire d'Etat en charge du Continent noir n'a toujours pas été nommé.

Mais la pire bourde a été l'ajout du Tchad sur la liste des pays dont les ressortissants ne pouvaient plus entrer aux Etats-Unis. C'est le seul pays d'Afrique à y figurer ! Or, le Tchad est un pays clé pour la sécurité dans la région sahélienne.

Il y a des centaines de soldats tchadiens engagés sur le terrain !

Voire des milliers : l'armée tchadienne est la seule armée de la région qui soit vraiment crainte et surtout bien entrainée. La conséquence a été immédiate : N'Djamena a retiré des centaines de soldats du Niger, juste avant la mort des 4 soldats américains.

Mais le plus étonnant, ce sont les militaires du 1er cercle, comme le chef de cabinet de Donald Trump, le général Kelly. A la question de savoir ce que ces soldats faisaient en Afrique, il a répondu :

« Ils travaillent avec nos alliés, ils leur apprennent à être de meilleurs soldats, ils leur montrent comment respecter les droits de l'homme ». Mais il y a mieux ! Il y a le sénateur Lindsey O'Graham, de la Commission de la défense nationale :

A la même question, il a répondu : « la guerre est changeante, il y aura plus d'interventions en Afrique, pas moins. Nous attaquerons plus nos ennemis là-bas, pas moins. Il y aura des décisions à prendre ».

Reste qu’il faut être juste : l'engagement américain en Afrique est le fait de Barack Obama. C'est donc une politique héritée par Donald Trump et qui, au-delà du soutien aux troupes françaises engagées au Sahel, a encore besoin d'un peu de, comment dire, cohérence tactique.

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