L'enquête en destitution de Donald Trump risque d'emporter l'Ukraine dans la tourmente. C'est peut-être l'occasion pour l'Europe de se substituer aux Etats-Unis. Ça tombe bien, Kiev en rêve.

Donald Trump, président des Etats-Unis
Donald Trump, président des Etats-Unis © Getty / Shawn Thew / Pool via CNP | usage worldwide SHAWN THEW / Consolidated News Phot

Aux Etats-Unis, les enquêtes en destitution contre Donald Trump tournent au cirque. Littéralement en fait ! Hier, une trentaine d'élus républicains ont pénétré une audience à huit-clos d'une des commissions d'enquête parlementaires en criant dans les couloirs et en forçant les portes de la salle d'audience.

C'est n'importe quoi ! Ces commissions d'enquêtes parlementaires sont bi-partisanes par nature et les Républicains y sont représentés. En fait, à bout d'arguments et de moyens légaux pour empêcher les auditions, certains Républicains ont décidé de les perturber.

A corps et à cris. L'audience en question a d'ailleurs certes été interrompue mais pour être simplement reportées. Maintenant, le nouveau « combat » républicain est de faire paraître le lanceur d'alertes qui le premier a dénoncé Donald Trump.

Pourquoi ? Parce qu'une fois auditionné par les commissions d'enquête, il sera assez facile de faire fuiter son identité dans la presse pro-Trump. Identité qui, pour le moment, est protégée par son statut légal de lanceur d'alertes.

L'idée est d'effrayer tous ceux qui pourrait être tentés d'ajouter leur témoignage au sien, protégés par le même statut. Mais aussi de faire la preuve par l'absurde que « l'Etat profond » dénoncé par Donald Trump existe bel et bien, puisqu'il se cache pour accuser.

L'Ukraine, victime collatérale de cette imbroglio américain ?

Bien sûr ! Rappelons que si Donald Trump fait l'objet d'une procédure de destitution destitution, c'est parce qu'il aurait monnayé l'aide américaine à Kiev contre l'ouverture d'enquêtes contre son principal adversaire démocrate, Jo Biden.

L'Ukraine a désespérément besoin de cette aide américaine qui est à la fois militaire et économique. Or depuis la révolution dite de Maidan, en 2013/2014, Kiev a pu compter sur un consensus tant européen qu'américain indéfectible.

Ça s'est traduit par des milliards en prêts, aide militaire et soutien diplomatique. En face, la Russie a utilisé tous les moyens possibles et imaginables pour briser ce consensus, y compris la corruption d'une partie des élites ukrainiennes et la guerre.

Non seulement la Russie occupe la Crimée mais elle entretient dans l'Est du pays, le Donbas, des milices pro-russes et un conflit de basse-intensité qui a fait tout de même 13 000 morts depuis 2014.

Or, pour Moscou, l'élection de Volodymyr Zelensky, le nouveau président ukrainien, est une catastrophe. Les Ukrainiens ont parfaitement compris qu'en élisant un comédien, il donnait le pouvoir à un homme sans qualité, sans attache, donc sans compromission.

L'Ukraine rêve d'Europe, c'est une chance à saisir

Exactement ! Alors, il y a peut être du bon dans cette affaire : comment Donald Trump pourrait-il plus longtemps retenir l'aide promise à l'Ukraine puisque c'est précisément ce qu'on lui reproche d'avoir fait. Il y a aussi peut-être un coup à jouer pour l'Europe.

L'Ukraine rêve d'Europe. En ces temps de Brexit et de populisme euro-sceptique, c'est presque une bénédiction : voilà un pays de 42 millions d'habitants, plus grand que la France et qui ne veut qu'une chose : s'arrimer à notre marché unique et à nos valeurs.

C'est une occasion en or pour les Européens se se montrer encore plus généreux et plus unis. Alors bien sûr, il faut discuter avec la Russie qui détient une des clés de la paix dans la région. Mais discuter ne veut pas dire abandonner l'Ukraine, bien au contraire.

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