C’est Georges Bush qui parle. « Toute notre économie est en danger », déclarait-il hier soir en invitant les candidats démocrate et républicain, Barack Obama et John McCain, à le rejoindre aujourd’hui à la Maison-Blanche, avec les responsables du Congrès, pour tenter de sauver l’économie américaine. « Nous sommes au milieu d’un crise financière grave », a-t-il dit au cours d’une allocution télévisée décidée à la hâte. « Nous sommes dans une période sans précédent pour l’économie américaine », a-t-il martelé en laissant entendre, par là, que même la crise de 29 n’aurait pas été aussi grave. Habituellement, les chefs d’Etat relativisent les problèmes économiques pour ne pas ajouter à l’inquiétude qu’ils suscitent mais c’est le contraire qu’a fait Georges Bush. « Mon instinct naturel est de m’opposer aux interventions du gouvernement » dans l’économie, a-t-il rappelé avant d’ajouter : « Dans des circonstances normales, j’aurais suivi cette inclinaison mais nous ne sommes pas dans des circonstances normales. Le marché ne fonctionne pas bien. Des secteurs majeurs du système financier risquent de tomber. Davantage de banques pourraient faire faillite. La Bourse pourrait chuter encore plus ce qui réduirait la valeur des retraites. Plus d’entreprises pourraient fermer leurs portes, des millions d’Américains perdre leurs emplois et, finalement, notre pays pourrait vivre une récession longue et douloureuse ». Tout cela n’était que trop vrai mais, si Georges Bush s’est décidé à le dire, c’est qu’il lui fallait convaincre le Congrès, donc les Démocrates, d’adopter au plus vite le plan de sauvetage mis au point par son secrétaire au Trésor. Il est probable que ce sera chose faite dès ce soir car les Démocrates semblent avoir déjà obtenu les modifications qu’ils souhaitent apporter à ce plan. Une loi devrait notamment prévoir que les dirigeants des établissements financiers qui seront sauvés par l’argent public ne pourront pas prétendre à leurs indemnités contractuelles. Un minimum de justice devrait être introduit dans ce sauvetage et les pare-feux se mettre en place mais ce rendez-vous de la Maison-Blanche bouleverse totalement la campagne présidentielle. Avant même cette allocution présidentielle, Barack Obama avait pris neuf points d’avance sur John McCain pour la simple raison que 53% des Américains font plus confiance aux Démocrates qu’aux Républicains pour résoudre cette crise et que seuls 9% d’entre eux ont encore confiance dans l’état de l’économie. La passe est si difficile pour John McCain qu’il a vainement tenté, hier, de faire reporter le premier des débats qui l’opposera demain à Barack Obama. Le tableau que vient de dresser Georges Bush de ce qui est le bilan des Républicains, n’aura certainement pas amélioré la situation de leur candidat. John McCain n’a pas déjà perdu mais, déjà dans l’impasse sur tous les fronts diplomatiques et, maintenant, en pleine crise économique, les Etats-Unis pourraient avoir beaucoup changé le 4 novembre.

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