On le sentait depuis deux semaines mais c’est maintenant dit. Aussi bien la France que les Etats-Unis croient en la possibilité d’un déblocage diplomatique puis d’avancées sur la question du nucléaire iranien. A la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies, Barack Obama est allé jusqu’à publiquement estimer, hier, que le nouveau président de la République islamique, Hassan Rohani, avait « reçu le mandat de suivre un chemin plus modéré » que son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad.A cette même tribune, François Hollande a déclaré de son côté que le président iranien « avait fait preuve d’ouverture et prononcé des mots qui pouvaient être source d’évolution dans la région ». C’est pour cela qu’il avait accepté de le rencontrer hier, en marge de l’Assemblée générale, et cette réunion qui a duré quarante minutes et porté sur l’ensemble des questions régionales, Syrie, Liban et, bien sûr, programme nucléaire iranien, ne paraît pas avoir été trop décevante. « C’est un premier contact qui en appelle d’autres », a dit le président de la République mais Barack Obama et lui-même n’ont pour autant pas cessé de répéter l’un que « les mots de conciliation devraient être accompagnés d’actes clairs et vérifiables », l’autre qu’il attendait de l’Iran « des gestes concret qui témoigneront que ce pays renonce à son programme nucléaire militaire » et que la République islamique devait parallèlement « comprendre qu’il devait y avoir une transition politique en Syrie ». La France et les Etats-Unis ont, en deux mots, pris note du changement de ton à Téhéran. François Hollande y a répondu non seulement en acceptant ce tête-à-tête avec Hassan Rohani mais en déclarant aussi, devant l’Assemblée générale, que l’Iran « avait parfaitement le droit de poursuivre son programme civil », un programme nucléaire civil et non pas militaire. C’est une phrase clé puisque l’Iran qui nie vouloir se doter de la bombe exige qu’on lui reconnaisse son droit, incontesté et incontestable, à s’équiper en centrales nucléaires mais on n’en est pourtant qu’à l’amorce du début d’un commencement. Paris comme Washington se sont convaincus que les sanctions économiques internationales prises contre le programme iranien avaient produit leur effet, que l’ensemble du régime voulait obtenir leur levée parce qu’elles acculent le pays à la faillite et que les électeurs iraniens, surtout, avaient élu Hassan Rohani car ils aspirent massivement à un compromis avec les grandes puissances. La donne a changé et les présidents français et américain ont certainement raison de ne pas l’ignorer mais personne ne sait encore jusqu’où Hassan Rohani pourra aller sur la voie du compromis et des garanties nécessaires. On ne l’entreverra que lorsque de vraies conversations s’ouvriront, cette semaine puis à l’automne, mais la partie qui se joue là est absolument capitale puisqu’un échec entraînerait des frappes contre les sites nucléaires iraniens alors qu’un succès ne ferait pas que les éviter mais pourrait aussi permettre de stabiliser toute la région en associant l’Iran au règlement des crises en cours.

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