Ce matin, vous allez essayer de tirer au clair cette histoire iranienne...

On s'embrasse, on se check, on s'épouille, Nicolas ? Non ? Vous n'êtes vraiment pas Trump friendly ! Allez, entrons dans le dur : la question est donc qu'a exactement obtenu Emmanuel Macron ?

D'abord, il a obtenu une confirmation : Donald Trump a bel et bien l'intention de sortir de l'accord nucléaire iranien. D'abord il l'a dit et répété. Ensuite, ça fera très plaisir à ses alliés israéliens et saoudiens. Enfin, il y a une vraie raison de se retirer.

Cet accord a été signé en 2015, avant que l'Iran ne l’emporte en Syrie. Ce qui fait que Téhéran a tout gagné : le beurre avec l'accord iranien et la levée des sanctions et l'argent du beurre avec une hégémonie régionale éclatante, de l'Irak au Liban.

C'est au point qu'il faut désormais demander l'autorisation de Moscou et Téhéran pour survoler la Syrie. Les Occidentaux en sont réduits à regarder à la télé les conférences internationales sur l'avenir de la région s'organiser sans nous.

On comprend Trump mais qu'a obtenu Emmanuel Macron ?

L'idée d'Emmanuel Macron est simple : puisque l'Accord sur le nucléaire iranien est mort, tentons d'en négocier un autre, plus large qui inclut le nucléaire, la capacité balistique iranienne (c'est à dire les missiles qui lancent les bombes) et la Syrie.

En clair, ce que nous n'avons pas réussi à obtenir sur le terrain, essayons de l’avoir sur le tapis vert de négociations genevoises. L'idée n'est pas stupide : qu'est-ce que l'Iran ? D’abord c’est un géant démographique de 80 million.

Une société urbaine et éduquée qui veut consommer, travailler, voyager, étudier à l'étranger et qui le fait savoir bruyamment, comme en 2009 ou il y a quelques mois, lorsque des milliers de jeunes ont pris d'assaut les grandes villes du pays.

L'Iran a besoin d'investissements étrangers ! Ce n'est possible que si le régime signe un accord avec les Etats-Unis qui ont encore les clés de l'économie mondiale. C'est le calcul de Macron : la prospérité contre un retrait nucléaro-syrien.

C'est un pari très osé ?

C'est même un pari fou et c'est pour cela qu'il a obtenu le feu vert de Donald Trump qui pour le coup, a dû lui lui dire un truc du genre : « si tu arrives à obtenir ça de Téhéran, tu seras vraiment le phénix des hôtes de ces bois ». Pourquoi ?

Parce que le régime iranien tient depuis 40 ans dans un régime de sanction aggravé. De plus, Téhéran a des alliés russes et chinois avec qui faire des affaires. Alors, c'est en roubles et en yuans, pas en dollars, mais ça permet de voir venir.

Mais comme toujours en matière de d’accords internationaux, ça dépend ce qu'on met dans le paquet cadeau ! Et il va falloir que les Occidentaux soient très généreux pour contrebalancer l'avantage obtenu par les Iraniens sur le terrain.

Le deuxième point sur lequel il faudra beaucoup travailler est l’Arabie saoudite. Les Saoudiens haïssent les Iraniens. Mais d'une façon totalement irrationnelle : ils veulent une victoire sur Téhéran tout de suite.

Or le retrait américain, c'est cela ! Une victoire là, maintenant. Ce sera difficile de le convaincre d'attendre pour voir. En clair, les relations internationales ne sont certes pas un conte de Perrault, comme le précisait Emmanuel Macron à l'issue de sa visite d'Etat américaine, mais peut-être une fable de la fontaine... Vous savez celle de la Grenouille, le bœuf... On s'embrasse, Nicolas ?

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