Direction le Pérou suite à la grâce accordée de Alberto Fujimori.

Le président péruvien vient de gracier un de ses prédécesseurs... 

Voilà une dette politique sitôt contractée, sitôt payée ! L'actuel président péruvien Pedro Pablo Kuczynski a donc gracié Alberto Fujimori, ancien président du Pérou donc, et figure extrêmement controversé.

D'abord, la fameuse dette politique... Ca ressemble à un vrai roman policier, ou un épisode de telenovela, comme seuls les sud-américains ont le secret : la semaine dernière, le président Kuczynski échappe de peu à la destitution.

Il s'en est fallu de quelques voix au Parlement ! Et devinez qui lui a apporté les voix décisives, Le fils d'Alberto Fujimori, Keiji, et sa poignée de députés. Et ce, après avoir trahi sa grande sœur Keiko

Ah oui, parce que j'ai oublié de vous dire : Keiko Fujimori est la cheffe de l'opposition parlementaire. Elle s'est aussi présentée à la présidence péruvienne et a été battue... vous l'avez compris par l'actuel président Kuczynski !

Donc, c'est un frère qui trahit sa sœur pour en sauver son père...

Bienvenue en Amérique latine, Pierre ! Un continent où la psychanalyse, la famille, les affaires et la politique se mêlent pour nourrir des unes de journaux qui, eux, ne connaissent pas la crise ! 

Le père en question, Alberto Fujimori, est en prison depuis 2009 et purgeait une peine de 25 ans. Condamné pour violation des droits de l'homme dans 2 cas de massacres, en 1991 et 1992, pendant la guerre sale qu'il menait aux guérilleros marxistes.

Alberto Fujimori, 79 ans, sortira de prison sous peu pour aller mourir en famille. Il souffre en effet d'un cancer. Mais évidemment rien n'est simple : toute la gauche péruvienne et au-delà s'est ému de cette grâce.

D'une part parce que la manœuvre politique est grossière. D'autre part parce qu'Alberto Fujimori n'est pas seulement une figure controversée mais passée de la politique péruvienne : il a une actualité et donc un avenir !

On l'a vu, sa fille, son fils, les siens peuplent les allées du pouvoir...

Et finiront par le reconquérir ! En 2016, Keiko Fujimori a perdu l'élection présidentielle avec une marge ridicule. Ce fut l'élection la plus serrée de l'histoire du pays ! En fait, les Fujimori, père et fils ou filles, restent très populaires.

Ils démontrent la persistance en Amérique latine d'un phénomène politique autochtone : le caudillisme ou l'homme (ou la femme) providentiel, venu de nulle part – personne ne connaissait Fujimori avant son élection en 1990 – et à la main dure.

L'histoire sud-américaine est peuplée de ces « caudillos » arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire ou d'une élection vite remportée. Leurs mandats finissent souvent mal mais leur empreinte sur la politique locale peut être persistante.

En Colombie, l'ancien président Alvaro Uribe continue de polluer et d'hystériser le débat national, notamment en s'opposant au processus de paix avec les FARC. En Argentine, c'est Cristina Kirchner qui jour ce rôle de « mauvais génie ».

Au Venezuela on peut dire sans problème que Chavez comme Maduro se sont caudillisés, comme en Bolivie Evo Morales, d'ailleurs. Ah oui, parce que le caudillisme n'est dit de gauche, ni de droite : il est sud-américain. Gabriel Garcia Marquez le savait bien lui qui écrit l’Automne du patriarche…

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