La Corée du Nord promet "un cadeau de Noël" spectaculaire aux Etats-Unis. Que faut-il attendre et, surtout, quel avenir pour l'arme atomique développée par Pyongyang ?

Kim Jung-Un sur un cheval blanc : l'une des images de l'année
Kim Jung-Un sur un cheval blanc : l'une des images de l'année © AFP / STR / KCNA VIA KNS / AFP

L'année s'achève et l'on attend plus que le cadeau de Noël nord-coréen. C'est même une citation quasi littérale d'un communiqué nord-coréen, je cite : « il revient aux Etats-Unis de choisir quel cadeau de Noël ils veulent avoir de notre part ». Ça a l'air très sympathique et bienveillant, mais c'est en fait une menace.

Depuis des semaines, Pyongyang prépare le monde à quelque chose de spectaculaire et, en matière de « kimologie » - cette science rarement exacte héritée de la kremlinologie du XXe siècle –, il faut décrypter les moindres faits et gestes de la dynastie des Kim :

Il y a quelques semaines à peine, le régime a publié des photos du « cher leader » Kim Jong-Un sur un cheval blanc près du mont sacré Peaktu. Comme Kim Il-Sung, son grand-père, avant pendant la guerre de Corée contre les Américains.

Le message est : Résistance et défi face à Washington. On ne sort pas les canassons blancs pour rien. Les experts prédisent donc non pas un essai nucléaire – provocation maximum – mais plutôt un tir de missile intercontinental d'ici la fin de l'année.

Donald Trump n'attend plus rien de son "ami" Kim Jong Un

Si par « s'entendre mieux » on veut dire se serrer la main et parader devant les caméras, pas de doutes Kim et le Donald s'entendent à merveille. En fait, de ce rapprochement télévisuel, il n'y rien à tirer et surtout pas de dénucléarisation nord-coréenne.

C'est si vrai que, commentant le fameux « cadeau de Noël » nord-coréen, Donald Trump a imaginé qu'il pourrait s'agir « d'un superbe vase ». En clair, les deux hommes se sont rencontrés, n'ont rien obtenu l'un de l'autre et n'attendent plus rien l'un de l'autre.

Avec son commentaire « maison et jardin », Donald Trump dit une chose importante : qu'il a renoncé et qu'il s'en fiche comme de son premier cheval blanc. Il a renoncé à dénucléariser la Corée du Nord et à bas mot, il en a rejeté la responsabilité sur la Chine.

La Corée du Nord a la bombe nucléaire, dont acte. Aucune solution militaire n'est envisageable, dont acte. Il revient désormais à la Chine de gérer le régime paranoïaque des Kim. Les Etats-Unis se replient sur leurs allés traditionnels : Corée du Nord et Japon.

Relancer la course à l'arme nucléaire 

Bien sûr que c'est dangereux et ça commence à ressembler à une seconde course à l'armement nucléaire. Un suffit de prendre un peu de recul pour s'en rendre compte. Qu'a fait Donald Trump depuis qu'il est président ?

Il est sorti du Traité de 1987 sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et l'on pense qu'il devrait faire de même avec le Traité dit New Start sur les armes nucléaires stratégiques. Par ailleurs, il est aussi sorti du fameux accord nucléaire iranien.

Résultat, l'Iran aussi est reparti dans une course à la bombe atomique. Enfin, pour faire bonne mesure dans cette région déjà sur-armée, il a autorisé l'exportation de technologies nucléaires à destination de l'Arabie saoudite.

Le calcul est simple : le monde peut supporter de nouvelles puissances nucléaires, de toutes façons les Etats-Unis continueront longtemps d'en dominer la technologie et le déploiement. C'est un calcul étonnant risqué, voire baroque, mais on en est là.

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