Et si c’était possible ? Et si Saddam Hussein, dans les quelques jours qui lui restent, une dizaine au plus, avant que les Américains ne passent à l’offensive, se décidait à tout mettre sur la table, à clairement répondre aux questions qui lui sont posées sur son degré d’armement ? On n’ose pas y croire. On ne tablera certainement pas là-dessus, mais le fait est que le chef de la mission d’inspection de l’Onu, Hans Blix, a fait état hier, à New York, d’« éléments positifs » tandis que le général Amer Al-Saadi, conseiller de Saddam Hussein pour le désarmement, parlait, à Bagdad, de « progrès » et de « percées » intervenus depuis le week-end. Concrètement parlant, les Irakiens viennent d’adresser huit lettres à Hans Blix concernant les armements chimiques et bactériologiques. Ces lettres feraient état d’éléments de preuve sur la destruction de ces armes et offriraient de les fournir à l’Onu. Il semble, en clair, que les Irakiens seraient maintenant prêts à faire examiner les sites où les destructions auraient eu lieu et, non moins important, Amer Al-Saadi a redit hier qu’une « décision serait prochainement prise » sur les missiles Al-Samoud 2 auxquels l’Onu a exigé, vendredi, que l’Irak renonce en commençant à les passer à la casse le 1er mars au plus tard. Cette déclaration paraît démentir ainsi les propos ambigus tenus à ce sujet par Saddam HUSSEIN dans son interview à la chaîne américaine CBS. Rien n’est joué, rien n’est sûr, mais tout cela laisse entrevoir la possibilité que l’Irak, pas après pas, obtempère aux injonctions de désarmement des Nations-Unies et si, c’était le cas, si Saddam Hussein ne cédait pas, une fois de plus, trop peu trop tard, bien des choses en seraient changées. Il serait alors très improbable que Tony Blair ne modifie pas sa position, ne reconnaisse pas les résultats des missions d’inspection et de la pression politico-militaire exercée sur l’Irak. Compte tenu de l’opposition suscitée par la guerre dans l’opinion britannique et au sein même du parti travailliste, Tony Blair ne pourrait plus pousser, en admettant même qu’il le souhaite, au lancement d’une offensive contre Bagdad. José Maria Aznar serait également amené à tempérer ses ardeurs guerrières et, quel que soit le désir des Etats-Unis de renverser Saddam Hussein, désarmement ou pas, Georges Bush se retrouverait seul, sans plus d’alliés pour le soutenir, autrement dit dans une situation demandant réflexion. C’est le scénario rose, celui qui permettrait tout à la fois d’avoir désarmé l’Irak et de sauver, d’un coup, l’Onu, les relations transatlantiques et l’unité européenne. Question, donc : peut-on y croire ? Trop tôt pour le dire mais quelque chose a bougé hier. Un espoir frémit, pour l’instant bien fragile, mais pour Saddam Hussein, l’alternative est simple. S’il refuse la destruction de ses missiles, la France conclura que les inspections n’ont plus d’objet et plus personne ne fera d’objections à la guerre. S’il les détruit et répond à toutes les questions en suspens, il a en revanche de grandes chances d’échapper à l’offensive américaine. Le choix lui revient. C’est un choix entre la mort et la survie. Réponse très prochaine.

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