Il n’est naturellement pas certain que cela dure mais c’est un fait. Depuis maintenant une semaine, il n’y a plus eu d’incident majeur entre Israéliens et Palestiniens, plus d’attentats ni de bouclage des Territoire, et les seules destructions d’habitations palestiniennes qui aient été enregistrées avaient été ordonnées par l’Autorité palestinienne car ces bâtiments avaient été illégalement construits, en contravention aux lois palestiniennes que Mahmoud Abbas, le successeur de Yasser Arafat, entend faire appliquer. Une semaine, ce n’est certes pas très long mais le fait est aussi que cette accalmie ne doit rien au hasard. Elle est au contraire le fruit des discussions que Mahmoud Abbas avaient entamées, mardi dernier, à Gaza, avec l’ensemble des organisations palestiniennes les plus radicales. Mahmoud Abbas avait mis la barre haut. Il demandait la proclamation d’une trêve en bonne et due forme. Il ne l’a pas obtenue car la Hamas, le Jihad et tous les partisans de la lutte armée lui ont répondu qu’ils n’accepteraient de trêve que négociée avec Israël, donnant-donnant, mais tous se sont, en revanche, engagés à respecter une pause, un mois sans violences, en attendant de voir si Ariel Sharon ferait également taire les armes, cesserait la traque de leurs responsables et ouvrirait les prisons. L’armée israélienne a aussitôt relâché sa pression. Elle veut la confirmer. La trêve s’est de facto instaurée. C’était le véritable objectif de Mahmoud Abbas qui n’en voulait pas plus pour l’instant car sa stratégie est de se tourner maintenant vers Israël et les grandes puissances, de leur dire qu’il affirme son autorité, que les troupes qu’il a déployées à Gaza ont ordre, en tout état de cause, de s’opposer à la violence, mais qu’il faut désormais qu’Israël aussi procède à des gestes d’apaisement et que s’ouvre, surtout, la perspective de négociations globales. Ce que veut Mahmoud Abbas, c’est renverser la charge de la preuve, démontrer au monde et à l’opinion israélienne qu’il peut être l’homme d’un compromis et mettre ainsi Ariel Sharon au pied du mur. C’est le chemin qu’il a pris dès la mort de Yasser Arafat et les groupes armés, Hamas en tête, ont décidé de lui donner sa chance non seulement car ils sont très affaiblis mais aussi parce qu’il s’est engagé à les intégrer au jeu politique palestinien et qu’ils n’ont ainsi rien à perdre. Ils participeront, au début de l’été, aux élections législatives, pourront peser sur les négociations de paix avec Israël si elles s’ouvrent ou dire, dans le cas contraire, que la lutte armée est décidément la seule voie possible. Marqués par le retrait israélien de Gaza, les six mois à venir seront décisifs mais quelles sont les chances de voir de vraies négociations s’ouvrir alors ? C’est toute la question mais, outre que le Hamas parait se rallier, dans ses derniers textes, à la coexistence de deux Etats, donc à la reconnaissance d’Israël, les dirigeants israéliens laissent de plus en plus clairement entendre que leur intention n’est pas seulement de se retirer de Gaza. De plus en plus élogieux sur Mahmoud Abbas, ils évoquent maintenant, comme le ministre de la Défense hier, le « dialogue » qui devra suivre ce retrait. Personne n’abat ses cartes, ni les uns ni les autres. C’est plutôt gage de sérieux.

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