Où l'on voit que, sans une cantonalisation des Etats du Proche-Orient, toute la région s'enfoncera dans une guerre sans fin  

On n’aime pas le dire, mais c’est sans espoir. Une fois de plus, l’Onu réunit depuis hier, à Vienne cette fois-ci, le régime et les opposants syriens. Une fois de plus la Russie fera de même, ou devrait le faire, la semaine prochaine à Sotchi mais ces réunions ont bien peu de chances de déboucher sur quoi que ce soit car, soutenu par l’Iran, Bachar al-Assad ne veut d’aucun compromis politique. 

       Ce que veut le boucher de Damas, c’est une complète victoire militaire et cette ambition de reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire syrien se heurte en conséquence à l’opposition des Etats-Unis qui ne veulent pas que la Russie puisse revenir au Proche-Orient en vainqueur absolu et encore moins que l’Iran consolide sa projection en terres arabes au détriment de leurs alliés israéliens et sunnites. 

       C’est ainsi que le conflit syrien rebondit en ce moment même dans de nouveaux sommets d’atrocité. Encore tenue par l’opposition, la région de la Ghouta, à côté de Damas, est en permanence bombardée par l’aviation du régime. On ne sort pas de la Ghouta. On y meurt de faim, de manques de soins et de médicaments et d’ensevelissement sous les immeubles aplatis du ciel. Parallèlement, les combats font rage autour d’Idleb, dans le nord-ouest, à la frontière de la Turquie, car le régime veut aussi reconquérir cette région dont la Russie, l’Iran et la Turquie avaient pourtant initialement décidé de faire un refuge pour les civils fuyant les combats. 

       Non seulement on ne voit plus l’ombre d’une possibilité de compromis mais la Turquie se trouve maintenant en délicatesses avec Washington et Moscou de chacun , oui, les deux en même temps. Aux Russes, elle reproche de soutenir l’offensive sur Idleb qui va immanquablement susciter une nouvelle vague de réfugiés sur son territoire. Aux Américains, elle reproche encore plus véhémentement de s’appuyer sur les Kurdes pour empêcher Bachar al-Assad de reprendre le contrôle du nord de la Syrie, c’est-à-dire de la région limitrophe de l’Anatolie, la terre des Kurdes de Turquie. 

L’armée turque est maintenant intervenue dans cette région malgré les pressions américaines. Toutes deux membres de l’Otan, l’Amérique et la Turquie se trouvent ainsi face-à-face en Syrie tandis que la Russie est en train de s’y embourber. Rien ne s’arrange. Tout s’aggrave, au contraire, et seule la difficile négociation d’un accord de paix régional garantissant à la fois les frontières internationales et la cantonalisation des pays du Proche-Orient pourrait stabiliser la région et instaurer un équilibre entre ses puissances et ses religions. 

Il faut faire de chacun des grands Etats du Proche-Orient du Proche-Orient des confédérations, les helvétiser, et l’Union européenne se grandirait à commencer à le dire pour pouvoir, un jour, aider à le faire. 

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