Si l’on résume, 250 prisonniers palestiniens, pas un de plus, seront bientôt libérés mais les barrages israéliens ne seront pas levés en Cisjordanie. Convié, hier, par le président égyptien à un sommet avec le Président palestinien Mahmoud Abbas et le roi Abdallah de Jordanie, Ehud Olmert n’est, autrement dit, pas arrivé à Charm el-Cheikh avec de bien grands présents. Le moins qu’on puise dire est qu’il ne s’est pas non plus mis au diapason de Mahmoud Abbas qui l’avait appelé à « ne pas laisser passer une occasion historique de jeter les bases d’une paix juste et globale ». « Je vous appelle, lui avait dit le Président palestinien, à entamer des négociations politiques sérieuses, selon un calendrier fixé, dans le but d’établir un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-est comme capitale et vivant en paix et en sécurité au côté d’Israël » mais Ehud Olmert est resté aussi distant qu’il était, lui, pressant. Or le temps est compté, peut-être pas en jours mais certainement en semaines. Toute l’idée de Mahmoud Abbas est que, si des négociations s’engageaient sans tarder, les concessions qu’il aurait à faire seraient approuvées par les deux tiers de son peuple, que le Hamas ne serait alors plus seulement isolé militairement et diplomatiquement mais politiquement aussi et que la paix, oui, la paix viendrait mettre fin à six décennies de guerre. Il en est sûr, et pas à tort, car c’est à cela qu’aspire l’immense majorité des Palestiniens et que l’ensemble de la Ligue arabe est prête, et l’a redit au printemps, à reconnaître Israël pour peu qu’Israël reconnaisse un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Avec le coup de force du Hamas à Gaza, une « occasion historique » s’est réellement ouverte car il a laissé Mahmoud Abbas libre d’ouvrir et de conclure des négociations qui ne sont plus bien difficiles à mener tant les plans de paix sont depuis longtemps prêts. Ce n’est plus qu’une question de volonté, de cette volonté politique dont Yasser Arafat avait manqué, à Taba, en janvier 2001 et qu’Ehud Olmert ne s’est pas empressé de manifester hier. On ne peut pas exclure qu’il ne veuille pas saisir cette chance mais trois choses sont à garder à l'esprit. La première est qu’Ehud Olmert est un transfuge de la droite qui a rompu avec elle, comme Ariel Sharon, au nom de la nécessité de désengager Israël des territoires occupés, qu’il s’est fait élire sur ce programme et ne l’a jamais répudié. La deuxième est qu’il ne peut pas ignorer – et ses services secrets viennent de lui rappeler – que, si Israël ne bouge pas, Mahmoud Abbas aura tôt fait de perdre tout pouvoir ou de se rapprocher du Hamas. Et la troisième est que, si peu allant qu’il se montre, Ehud Olmert n’en martèle pas moins, depuis huit jours, que son « devoir » est de faire « tous les efforts possibles » pour relancer le processus de paix. Sa prudence est inquiétante mais les jeux ne sont pas faits.

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