Sur les migrants comme sur la zone euro, les dirigeants européens auront bien du mal à s'entendre lorsqu'ils se retrouveront jeudi à Bruxelles.

Le sommet de tous les dangers
Le sommet de tous les dangers © AFP / Jean-Luc Flémal / BELGA MAG / BELGA

Il y aura deux sujets, les migrants et la zone euro. C’est là-dessus que planchera le Conseil européen de jeudi après-midi et vendredi et cela signifie que cette réunion des dirigeants de l’Union, chefs d’Etat ou de gouvernement, sera très difficile.

Sur les migrants, il y a trois positions en lice. Les pays d’Europe centrale, dit du Groupe de Visegrad, sont ouverts à un contrôle commun des frontières de l’Union et une action européenne dans les pays de transit mais refusent totalement toute répartition entre les Etats membres, et donc chez eux, des réfugiés ayant droit à l’asile politique. 

Il y a ensuite les propositions françaises désormais soutenues par l’Allemagne, l’Espagne, la Commission européenne et, l’un dans l’autre, les Scandinaves et les Pays-Bas. Déjà partiellement appliquées, ces propositions consistent, premièrement, à agir collectivement dans les pays de transit pour dissuader, y compris avec des aides au retour, les migrants économiques de risquer leur vie en poursuivant leur route ; deuxièmement à soutenir les garde-côtes libyens pour qu’ils interceptent ceux qui tentent malgré tout la traversée ; troisièmement à renforcer le contrôle commun des frontières et, quatrièmement, à bien évidemment sauver ceux qui se noient dans les eaux internationales mais à les installer dans des centre fermés où se fasse le tri entre migrants économiques et réfugiés politiques.

Et puis il y a le jeu du ministre italien de l’Intérieur et président de la Ligue, Matteo Salvini, tribun d'extrême droite, qui, en pleine contradiction avec le président du Conseil et le reste de la coalition, orchestre une tension avec la France et limite son action et ses propositions à la fermeture des ports italiens aux bateaux de rescapés afin, et il y parvient, de se gagner des voix en montrant ses muscles. 

A Bruxelles, l’objectif sera donc double. Il s’agira premièrement de faire admettre l’ensemble du dispositif français et non pas le seul contrôle des frontières et, deuxièmement, de rompre le front entre les extrêmes-droites italienne et centre-européennes en proposant que les réfugiés politiques puissent désormais demander asile dans un autre pays européen que celui de leur première entrée. C’est ce que souhaite l’Italie et ce que refusent les Centre-européens. 

Ce n’est pas injouable mais ce n’est pas joué car l’idée reçue est que les flux migratoires continueraient à croître alors qu’ils ont continûment et spectaculairement baissé depuis le pic de 2015, lié à la tragédie syrienne. 

Quant aux réformes de la zone euro proposées par la France et l’Allemagne, elles se heurtent à de très fortes réticences interdisant d’espérer leur adoption par le Conseil. Elles pourraient au mieux être acceptées comme une « base de discussion » et ce Conseil sera ainsi, oui, plus que difficile.  

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