Où l'on voit que, face à l'absence de vision du président américain, les Européens ont intérêt à resserrer leurs rangs au plus vite.

Session élargie au sommet du G7 à Taormina, en Sicile, en Italie, le 27 mai 2017
Session élargie au sommet du G7 à Taormina, en Sicile, en Italie, le 27 mai 2017 © Reuters / Philippe Wojazer

Ça n’a rien donné, rien de clair en tout cas. Ce sommet de l’Otan, hier à Bruxelles, aurait pu donner l’occasion à Donald Trump de clarifier ses positions et rassurer les alliés européens des Etats-Unis sur trois points fondamentaux.

Il aurait pu dire que, tout bien considéré, il allait respecter l’accord de Paris sur le climat.

Il aurait pu dire que, non, sa langue avait fourché, que l’Alliance atlantique n’était pas obsolète et restait essentielle aux yeux des Américains.

Il aurait pu préciser sa vision des rapports à entretenir avec la Russie de Vladimir Poutine... mais on n’a rien entendu de tout cela.

L'Accord sur le climat n'est pas pour tout de suite

L’accord sur le climat, eh bien il ne sait pas encore et ne décidera pas avant son retour à Washington.

L’Otan, bon d’accord, il n’a plus parlé de l’enterrer mais s’est bien gardé de réitérer que toute attaque contre l’un de ses membres se heurterait à une riposte de tous ses membres et, donc, des Etats-Unis et a, en revanche pressé les Européens – ce qui n’avait rien de rassurant – de payer leurs dettes aux contribuables américains en augmentant leurs contributions à l’organisation militaire de l’Alliance atlantique.

Une politique illisible

Quant à la Russie, comprenne qui pourra à ce président qui trouvait M. Poutine épatant et applaudissait au piratage informatique de la campagne d’Hillary Clinton, qui se trouve maintenant soupçonné de liens avec le Kremlin mais parle des Russes comme d’une menace que l’Otan devrait contrer.

S’il y a une conclusion à tirer de ce sommet, elle est que la politique de M. Trump est illisible, qu’il navigue à vue, que sa seule vison politique est qu’il faut baisser les impôts des plus riches et tailler dans les aides aux plus démunis comme son projet de budget le fait, et qu’il est vraiment temps pour les Européens de serrer les rangs, de jeter les bases d’une Défense commune et de doter l’Union d’une politique étrangère.

Ce n'est pas fait. Rien n'est joué, mais ils en prennent le chemin.

La nécessité d’une Défense commune s’est imposée depuis l’automne. Français et Allemands travaillent au resserrement de la zone euro en préparant, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, des propositions communes pour le mois de juin.

Il y a une claire volonté des plus anciens membres de l’Union, pas seulement de Paris et Berlin, d’aller de l’avant dans ces deux domaines mais, pour ce qui est d’une politique étrangère européenne, là, non, tout reste à faire.

On peut considérer, car c’est vrai, qu’elle naîtra tout naturellement de l’affirmation d’une Défense commune, de l’harmonisation des politiques économiques et, donc, de la définition d’intérêts à préserver et promouvoir mais cela ne suffit pas.

Il y faut aussi des initiatives, des idées et des gestes et, de ce point de vue, la partie qu’Emmanuel Macron jouera lundi, à Versailles, en y recevant Vladimir Poutine sera autrement plus importante que celle d’hier avec Donald Trump.

Avec la Russie, c’est la stabilité du continent Europe qui est en jeu et, cartes sur tables, il faut lui proposer un donnant-donnant, sujet de la prochaine de ces chroniques.

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