François Hollande et Barack Obama s’exprimaient hier devant l’Assemblée générale des Nations-Unies. Par la voix de leurs présidents, les deux puissances les plus présentes et actives sur la scène internationale se sont ainsi succédées à la tribune du monde et qu’en est-il ressorti ?

Désagréable à dire mais rien ou presque. Le contraste entre ces deux hommes était frappant. L’un était aussi terne et scolaire que l’autre éloquent et charismatique. Barack Obama avait du souffle, le sens de la formule et du rythme quand François Hollande semblait réciter l’annuaire mais, sur le fond, ni l’un ni l’autre n’ont rien dit de marquant, quoi que ce soit qui vienne modifier la donne.

« Le régime syrien ne retrouvera jamais sa place dans le concert des nations », a lancé le président français. « Il faut en finir avec le régime de Bachar al-Assad afin que cessent les souffrances du peuple syrien », a renchéri le président américain. Tous deux ont fortement dit que le pouvoir qui succédera un jour à cette dictature devra respecter les droits de toutes les communautés qui composent ce pays. On ne pouvait qu’être d’accord sur ces deux points essentiels mais les chefs d’Etats aussi influents ne sont pas supposés être des commentateurs mais des acteurs.

On attendait d’eux qu’ils proposent et annoncent les moyens par lesquels les Etats-Unis et la France pourraient mettre terme au bain de sang dans lequel est plongé ce pays martyr où l’on torture des enfants mais l’on n’a rigoureusement rien entendu de concret dans la bouche de Barack Obama et François Hollande n’était guère convaincant lorsqu’il a redit que la France reconnaîtrait, dès sa formation, un « gouvernement provisoire représentatif de la nouvelle Syrie » et appelait l’Onu à « protéger les zones libérées » et assurer une aide humanitaire aux réfugiés.

Si c’est le cas – et peut-être l’est-ce – on aurait préféré qu’ils disent au moins pourquoi ni les Etats-Unis ni la France ne peuvent rien faire pour sauver l’honneur du monde car ces mots vides de sens devenaient aussi odieux que le drame syrien lui-même.

Et puis il y eut l’Iran. Là, c’est Barack Obama dont le verbe s’est fait plus ferme quand il a dit que « les Etats-Unis feront ce qu’ils doivent pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire » mais, là encore, les deux sont restés flous, vagues et insaisissables, aussi martiaux en mots qu’inconsistants dans leurs propositions car on ne peut pas à la fois dire que l’ambition nucléaire de l’Iran est inacceptable pour le monde et ne pas clairement dire ce que l’on est disposé à faire pour ne pas l’accepter.

L’un comme l’autre de ces discours donnaient l’impression qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion car, si le monde est ingouvernable, et il l’est largement, ses dirigeants ont à dire pourquoi et comment on pourrait commencer à y remédier. Ni Barack Obama ni François Hollande ne l’ont fait et le plus inquiétant est qu’on ne voit pas, pas plus aux Etats-Unis qu’en France ou ailleurs, les hommes qui feraient mieux qu’eux s’ils étaient aux commandes.

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