Où l'on voit que le président français compte sur la différenciation des politiques européennes pour refonder et relancer l'Union

L’essentiel est la méthode. Dans le discours sur la refondation de l’Union qu’il prononcera cet après-midi, Emmanuel Macron dira avant tout qu’il n’est plus temps de s’enfermer à 27 en quête d’unanimités inaccessibles mais d’aller de l’avant, avec ceux qui le veulent, sur des thèmes pouvant mobiliser de nouvelles énergies et susceptibles de rallier ensuite d’autres Etats membres.

Les traités le permettent. Cela s’est déjà fait sur des choses aussi importantes que la monnaie unique ou l’espace Schengen qui ne réunissent pas, loin s’en faut, tous les pays de l’Union. Il ne s’agit pas, fera comprendre le président de la République, de fragmenter l’Union mais de la différencier avant d’approfondir son unité autour de nouvelles politiques communes qui auront fait leurs preuves et Emmanuel Macron mettra, là, sur la table des propositions concrètes.

Contrairement à l’Allemagne, il voudrait que la zone euro se dote d’un budget commun. Il proposera que l’Union constitue un Parquet européen afin de mieux lutter contre le terrorisme, qu’elle organise des parcours universitaires entre ses meilleurs universités afin d’avoir enfin ses Harvard et ses Princeton, qu’elle s’attaque en force à la taxation des géants du numérique et de la vente sur la toile et que le programme d’échanges Erasmus ne soit plus limité aux étudiants mais étendu à tous les secteurs de la jeunesse.

Il avancera l’idée d’une agence européenne pour l’innovation et d’une taxe carbone européenne et fera une nouvelle proposition sur la Défense. Il plaidera pour une harmonisation fiscale et sociale de la zone euro puis de toute l’Union et appellera à des politiques communes sur les migrations et le développement de l’Afrique. La nouvelle Union qu’il esquissera devrait ainsi s’attaquer à ceux de leurs problèmes que les Européens ne peuvent résoudre que dans l’unité mais comment passer des vœux à leur réalisation ?

C’est là qu’intervient la méthode, celle de la différenciation, puisque Emmanuel Macron demandera à ceux des Etats-membres qui le souhaitent de très bientôt constituer des groupes de travail sur celles de ces idées auxquelles ils voudraient donner corps.

Oui, dira-t-on, mais l’Allemagne, l’Allemagne qui risque aujourd’hui de mettre la pédale douce sur l’Europe en raison de son éclatement politique ? Eh bien l’Allemagne, d’abord, ne va pas se retirer de l’Union et en tout état de cause, ce n’est pas seulement à elle que s’adresse Emmanuel Macron mais aux 26 partenaires de la France. Si l’Allemagne ne suivait pour l’instant pas sur tout, bien des choses, pas toutes mais beaucoup, pourraient se faire ou s’amorcer sans qu’elle en soit.

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