La procédure de destitution engagée contre Donald Trump va peser sur le rôle international du Président des États-Unis. Chacune de ses décisions sera désormais analysée en fonction de l’enquête du Congrès.

La Présidente démocrate de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, annonce mardi 24 septembre, le lancement de la procédure de destitution contre Donald Trump.
La Présidente démocrate de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, annonce mardi 24 septembre, le lancement de la procédure de destitution contre Donald Trump. © AFP / MANDEL NGAN / AFP

C’est le début d’une longue et incertaine procédure contre Donald Trump, mais sa possible destitution provoque d’ores et déjà une onde de choc à l’échelle planétaire. Les États-Unis restent la première puissance mondiale, et le sort de leur Président a un impact évident chez les amis comme chez les adversaires de l’Amérique.

Il n’était déjà pas facile de traiter avec Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche, son côté dysfonctionnel, un mélange d’imprévisibilité et de fixation idéologique, une rotation d’équipes comme on en a rarement vu… Emmanuel Macron en a fait la rude expérience, passant sans transition du rôle de « meilleur ami » à cible de tweets vengeurs.

Mais désormais, on ne parle à Donald Trump qu’à ses risques et périls

Le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, tout juste élu et sans grande expérience, ne se doutait sûrement pas que l’appel du Président américain pour le féliciter, visait aussi à l’utiliser pour abattre un rival politique ; et qu’il se retrouverait au cœur d’un scandale américain bien malgré lui.

Volodymyr Zelensky n’imaginait pas une seconde non plus que cette conversation avec Donald Trump servirait un jour de pièce à convictions, ni qu’elle serait rendue publique, avec ses dégâts collatéraux. 

Il y critique par exemple Emmanuel Macron et Angela Merkel, auxquels il reproche de ne pas respecter les sanctions contre la Russie.  Mais aujourd’hui, l’Ukraine compte sur la France et l’Allemagne pour débloquer son conflit avec la Russie, et n’avait pas besoin de cet imbroglio. La prudence s’impose désormais dans toute conversation avec Donald Trump...

La deuxième conséquence de cette affaire, est qu’elle va devenir le centre de l’attention du Président, comme ça avait été le cas pendant des mois pour Richard Nixon et Bill Clinton, les deux précédentes cibles d’« impeachment » aux États-Unis.

Donald Trump était déjà focalisé sur la campagne pour les élections de novembre 2020, et agissait en fonction de son intérêt électoral ; mais il est désormais un Président assiégé qui va devoir consacrer une part croissante de son temps à se défendre : toute décision majeure sera analysée en fonction de la procédure.

En 1998, Bill Clinton avait ordonné des tirs de missiles au Soudan et en Afghanistan contre Al Qaida, pile au moment où il devait témoigner sur l’affaire Monica Lewinsky ; puis quelques mois plus tard, il avait ordonné des bombardements en Irak au moment où la Chambre des Représentants votait sa destitution. La crédibilité du « Commandant en chef » avait alors été mise en cause.

Il en sera évidemment de même pour Donald Trump

Guerre ou paix avec l’Iran, guerre commerciale avec la Chine, dénucléarisation de la Corée du nord… les dossiers ne manquent pas sur lesquels le Président américain est attendu. Mais on ne pourra pas manquer de se demander, à chaque décision, si elle n’a pas été prise pour l’aider politiquement. 

Le monde n’avait pas besoin d’un Président américain plombé. Surtout si, à l’arrivée, comme Bill Clinton, il sort indemne de cette procédure … et se fait réélire pour un second mandat. 

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