Alors que le G7 laissait entrevoir des avances diplomatiques, des raids israéliens en Syrie, en Irak et au Liban contre des cibles liées à l’Iran montraient que la logique de guerre est loin d’avoir disparu.

Funérailles hier, au « cimetière des martyrs » du sud de Beyrouth, de deux membres du Hezbollah tués en Syrie lors d’un raid israélien ce weekend.
Funérailles hier, au « cimetière des martyrs » du sud de Beyrouth, de deux membres du Hezbollah tués en Syrie lors d’un raid israélien ce weekend. © AFP / AFP

Selon qu’on regardait vers Biarritz ou vers le Proche-Orient, on pouvait avoir hier une vision différente du dossier iranien. Avancées diplomatiques d’un côté, montée des périls militaires de l’autre.

A Biarritz, incontestablement, quelque chose a bougé sur le plan diplomatique à l’initiative de la France, au point qu’on puisse désormais envisager de manière réaliste une rencontre entre Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani. On n’en est pas encore là, mais c’était impensable il y a peu.

Mais si la désescalade diplomatique est bienvenue, il suffit d’observer la nouvelle montée des périls au Proche et au Moyen-Orient pour constater que des forces contradictoires sont à l’œuvre.

Au cours des derniers jours, l’armée israélienne a frappé des cibles liées à l’Iran dans trois pays arabes : l’Irak, la Syrie, et finalement le Liban. C’est tout sauf banal, particulièrement en Irak et même au Liban où il n’y avait pas eu d’opération de ce type depuis plus d’une décennie.

Les Israéliens mènent depuis des mois des raids aériens ou des attaques de drones armés par centaines contre des cibles iraniennes ou liées à l’Iran en territoire syrien. Le but est d’empêcher une implantation durable des forces pro-iraniennes venues pour sauver le régime de Bachar el-Assad. Israël affirme avoir déjoué une attaque de drones iraniens contre son territoire.

Ce qui est nouveau, c’est l’extension de ces opérations à l’Irak, où stationnent pourtant des forces américaines, et au Liban, où l’État hébreu s’en est pris au Hezbollah dans son fief de la banlieue sud de Beyrouth, et à une organisation palestinienne radicale.

Les réactions sont particulièrement vives au Liban, où le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a promis des représailles, et le chef de l’État, Michel Aoun, un allié du Hezbollah, a qualifié l’action israélienne de « déclaration de guerre ».

La cible de drones israéliens, le centre des médias du Hezbollah, dnas la banlieue sud de Beyrouth, fief de l'organisation chiite, soutenue par Téhéran.
La cible de drones israéliens, le centre des médias du Hezbollah, dnas la banlieue sud de Beyrouth, fief de l'organisation chiite, soutenue par Téhéran. © AFP / Kun TIAN, Cecilia SANCHEZ / AFP

L’objectif d’Israël est de plusieurs ordres. Sur le plan militaire, il est surtout d’empêcher l’Iran d’approcher de la frontière. Israël compte sur la médiation russe, autre allié d’Assad, pour tempérer les ardeurs iraniennes, doublé d’actions militaires non-stop.

Mais le message est aussi politique, un rappel de la menace iranienne à un moment où l’État hébreu semble s’inquiéter de voir son allié américain tenté par la voie diplomatique. Israël ne veut pas d'un accord avec Téhéran, et la presse israélienne rapportait hier que Benyamin Netanyahou redoutait de voir son meilleur allié Donald Trump s'engager sur cette voie. Le premier ministre israélien a joué un rôle-clé dans la décision américaine de dénoncer l’accord nucléaire, et compte sur l’entourage de Trump pour le dissuader d’en négocier un autre.

Enfin, la politique intérieure n’est jamais loin, à un peu plus de deux semaines d’élections où Netanyahou, en difficulté, joue son va-tout.

Alors qui l’emportera entre tenants de la voie diplomatique et la logique de guerre ? Aux États-Unis, en Israël et en Iran, des influences contradictoires s’opposent, et décideront de la paix ou de la guerre.

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