Adieu Baïkonour, bonjour Vostochny, à l'extrême est de la Russie, non loin de la frontière chinoise. Il va falloir s'habituer...

Adieu Baïkonour, bonjour Vostochny, à l'extrême est de la Russie, non loin de la frontière chinoise. Il va falloir s'habituer, surtout vous, Marc, qui connaissez un peu le légendaire cosmodrome russe de Baïkonour, installé au Kazakstan et promis à l'abandon. Dès demain, les Russes lanceront une fusée Soyouz depuis cet équipement flambant neuf qui a coûté la bagatelle de six à dix milliards. La question est donc : pourquoi diable dépenser tant d'argent alors que le pays se débat avec une crise économique sévère ? La réponse est a priori très simple : d'une part, la décision de construire Vostochny a été prise en 2007, en période de vaches grasses. Ensuite parce que Baïkonour nécessitait une grosse modernisation : pourquoi dépenser de l'argent au Khazakhstan ?

Les Russes ont pourtant des accords avec l'Agence spatiale européenne. Les Russes lancent des Soyouz depuis Kourou, en Guyane. Mais ça c'est simplement un accord commercial qui permet à l'Agence spatiale européenne de proposer une palette plus large de lanceurs et aux Russes de mieux monétiser leurs fusées. Vostochny, c'est une affaire de fierté nationale. C'est le signe que la Russie n'a pas abandonné ses ambitions spatiales alors que la guerre de l'espace fait rage et que la concurrence n'a jamais été aussi intense. Car l'espace est devenu un champ de bataille où s'affrontent les puissances du moment, la Russie et les Etats-Unis, bien sûr, mais aussi des petits nouveaux : la Chine, l'Inde, le Japon, l'Europe bien sûr, et même la Corée du Nord.

Sauf que personne ne se tire dessus et qu'il n'y a pas de morts à la clé ? A voir. La conquête spatiale a toujours été la petite sœur propre sur elle de la course aux armements et de la recherche militaire. Prenez la Corée du Nord, par exemple : en février dernier, Pyongyang a réussi la mise en orbite d'un satellite. Tous les spécialistes vous diront que la technologie nécessaire pour lancer une fusée spatiale est la même que celle qui permet d'envoyer des missiles intercontinentaux. La plaisanterie en vogue chez les astronomes, c'est que les Nord-Coréens ont, en fait, mis en orbite un lave-linge : l'important n'étant pas le satellite mais bien la maîtrise du lancement lui-même.

Alors à quoi faut-il s'attendre dans les années à venir ? A un Chinois sur la lune, pour 2019, si les Russes ne leur grillent pas la politesse, à une station spatiale chinoise autour de la terre et à un tas de missions vers Mars, la nouvelle frontière spatiale mondiale. Les Chinois qui ont parfaitement compris que l'espace, c'est aussi le moyen de faire rêver le monde entier. Et puis, la planète rouge ne pouvait échapper au drapeau rouge de la république populaire de Chine, non ?

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