Où l'on voit un rapport des services français accabler le boucher de Damas.

Bachar al-Assad et Vladimir Poutine s'entretiennent en octobre 2015
Bachar al-Assad et Vladimir Poutine s'entretiennent en octobre 2015 © Maxppp / ALEXEY DRUZHINYN/RIA NOVOSTI/POO

Ca ne convaincra pas ceux qui ne veulent pas savoir et ne surprendra pas ceux qui n’avaient déjà plus d’illusions sur le régime syrien, mais tout de même.

Après analyse des gaz employés, le 4 avril dernier, contre la population de Khan Cheikhoune, 88 morts dont 31 enfants, les services français ont conclu à la responsabilité directe de Bachar al-Assad pour trois raisons.

La première est que le procédé de fabrication de ces gaz sarin est celui du Centre de recherches et d’études scientifiques du régime syrien. La deuxième est que l’aviation du régime, notamment un chasseur bombardier Soukhoi 22, était intervenue le 4 avril contre Khan Cheikhoune. Quant à la troisième raison des conclusions auxquelles sont parvenus les services français elle est que seuls le président syrien et son entourage le plus proche sont habilités à autoriser l’emploi de gaz dans la lutte contre l’insurrection.

Dévoilées hier par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, ces conclusions sont simplement accablantes et viennent confirmer, faits à l’appui, ce qui ne faisait déjà guère de doute puisque l’insurrection ne dispose pas d’aviation et que le régime syrien avait depuis longtemps développé une importante capacité chimique.

Les stocks qu’il avait constitués étaient si réels qu’après l’attaque perpétrée en août 2013 contre la Ghouta, une banlieue de Damas, plusieurs centaines de victimes, ce régime avait accepté, à la demande des Russes, de se défaire de ces stocks pour éviter une réaction militaire de la France et des Etats-Unis.

Le problème, comme on pouvait le craindre et le voit aujourd’hui, est qu’il n’avait pas tenu parole mais avait, au contraire, conservé une partie de cette capacité, suffisamment grande pour de nouvelles frappes, et cela en totale contradiction avec les engagements qu’il avait alors pris et les conventions internationales, surtout, sur l’interdiction des armes chimiques.

Face à ce rapport français, la Russie a aussitôt déclaré qu’il n’y avait pas de doute sur l’emploi de gaz sarin mais qu’il fallait qu’une enquête internationale dise qui en était coupable.

Bon… Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre et, en France, le Front national a demandé à voir les preuves des services français dont il semble douter au nom des mensonges américains au moment de l’intervention en Irak.

On ne voit pas bien le rapport. On peut tout aussi bien douter que la terre soit ronde parce que le mensonge n’est pas une rareté mais le fond du problème est cette idée tellement fausse selon laquelle Bachar al-Assad serait un rempart contre Daesh alors qu’il n’a jamais lutté contre cette organisation dont il avait au contraire facilité la constitution et qu’il s’est lui-même rendu coupable de crimes encore plus nombreux que ceux de Daesh contre lequel les militaires et les agents français luttent eux, chaque jour, au péril de leur vie et en marquant des points, contrairement au boucher de Damas dont le seul objectif est de se maintenir au pouvoir, à n’importe quel prix.

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