C’est évidemment le genre de choses auxquelles on hésite à croire. Réunis, hier, au Caire, le Hamas et le Fatah ont décidé, avec une dizaine d’autres courants palestiniens, d’œuvrer ensemble à une réconciliation qui devrait mener, disent-ils, à la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale. Ils ont mis en place cinq commissions de travail qui se réuniront à compter du 10 mars, pour tenter de dégager un consensus sur des questions aussi délicates que la composition de ce gouvernement (ministres technocrates ou politiques) ; la date des prochaines élections présidentielle et législatives qui devraient se tenir, en tout état de cause, avant janvier prochain et l’organisation, enfin, des services de sécurité, sujet épineux entre tous. Les représentants de deux mouvements se disent confiants dans la possibilité d’un accord que l’Egypte, organisatrice de cette rencontre, espère voir sceller avant le sommet de la Ligue arabe, à la fin de ce mois, à Qatar. On hésite à y croire tant l’histoire de cette terre que l’on dit « sainte » est faite d’espoirs d’apaisement toujours déçus mais plusieurs éléments incitent, pourtant, à ne pas exclure l’aboutissement de cette tentative. Quoi qu’ils en disent, les islamistes du Hamas sont sortis très affaiblis des trois semaines de bombardements israéliens sur Gaza parce que la population de ce territoire leur demande des comptes et que leurs capacités militaires et leurs possibilités de se réarmer ont été sévèrement réduites. Ils ne pourront retrouver une assise populaire et une crédibilité qu’à la condition de réorganiser et reconstruire cette bande de terre dont ils avaient chassé le Fatah, par la force, en juin 2007. La tâche est aussi immense que coûteuse et les islamistes ne pourront la remplir sans une aide internationale qu’ils ne recevront pas sans s’être, préalablement, réconciliés avec le Fatah et avoir formé avec lui ce gouvernement d’union que les grandes puissances et les pays arabes veulent voir renaître afin de pouvoir relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes. Non seulement tout pousse, aujourd’hui, les islamistes palestiniens au compromis mais ils voient bien aussi que l’Iran et la Syrie ne sont plus très loin d’entrer, demain, dans les conversations que Barack Obama leur propose d’ouvrir avec les Etats-Unis. Si tel était bien le cas, le Hamas pourrait bientôt ne plus pouvoir compter sur le total soutien de Damas et de Téhéran et beaucoup de ses dirigeants prennent en compte la possibilité de ce changement. Depuis l’offensive israélienne et l’entrée en fonction de Barack Obama, c’est toute la région qui bouge et cela se sent, aussi, côté israélien. Futur Premier ministre, Benjamin Netanyahu vient de déclarer au représentant spécial de la Maison-Blanche qu’il « honorerait les engagements pris par Israël », qu’il poursuivrait, autrement dit, les négociations avec les Palestiniens, et une autre figure de la droite, Avigdor Lieberman, tristement célèbres pour ses attaques contre les Arabes israéliens, s’est dit, lui, favorable à la création d’un « Etat palestinien viable » - la formule consacrée à Washington. Sur le papier au moins, des phrases pourraient permettre à la droite de gouverner avec le centre.

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