Quelle politique étrangère pour la France ? Quelle position avec la Russie ? Les USA ? La Chine ? Questions de Patrick Cohen et Bernard Guetta.

Benoît  Hamon
Benoît Hamon © Radio France / Anne Audigier

Sur les relations de la France avec la Russie, Benoît Hamon considère qu'"il y a aujourd'hui des prétentions de la Russie aux frontières de l'Europe orientale, au Proche-Orient, dans le Bassin méditerranéen, qui sont nouvelles, qui s'accompagnent d'activités qu'il faudra clarifier, notamment en matière de cyber-terrorisme", faisant ainsi référence aux attaques cyber-terroristes qui auraient influé sur le déroulement des élections aux États-Unis.

"Je n'ai aucune fascination pour cet forme d'exercice du pouvoir 'viril' qui exprime seulement les intérêts d'un pays à travers la force" explique Benoit Hamon, relevant la "fascination de Madame Le Pen face à Vladimir Poutine, ou la complaisance de Monsieur Fillon", à l'égard du leader russe. "Je considère que la force doit permettre à un pays de pouvoir s'épanouir".

Sur l'Europe

"La fin de l'Union Européenne, ça veut dire que l'on renonce au projet politique le plus fondateur, le plus enthousiasmant de ces dernières décennies", explique Benoit Hamon.

"Je propose qu'on reprenne le chemin d'un traité de l'énergie comme le proposait Jacques Delors (...) et pour remettre de la démocratie en Europe, je m'appuierais sur le projet de traité budgétaire que nous travaillons avec Thomas Piketty, pour voir comment nous pourrions construire une assemblée démocratique (...), mettre en oeuvre une stratégie d'harmonisation fiscale".

"Pourquoi les Européens, les Français ne croient plus au projet européen? Ils ne voient à l'intérieur de l'Europe qu'une compétition entre états et plus tellement le sens qu'il y avait à mettre en commun davantage de démocratie, de souveraineté".

"La manière d'éviter les délocalisations à l'intérieur de l'Union Européenne, c'est l'harmonisation fiscale", explique le candidat désigné à gauche pour la présidentielle, prenant pour exemple la directive des travailleurs détachés : "Nous avons une mise en compétition des salariés entre eux, des entreprises entre elles, grâce à cette directive qui a été négociées, dans le bon sens, mais qui souffre de mettre en concurrence des travailleurs payés selon les règles sociales de leur pays d'origine, et des travailleurs payés selon les règles sociales de la France (..) Nous aurons ainsi des situations de fortes tensions en Europe, qui fabriquent du discours anti-Bruxelles".

Il peut y avoir une offre française sérieuse pour relancer la construction européenne

Sur les accords commerciaux internationaux

"Il faut changer les accords de libre-échange tels qu'ils existent aujourd'hui", estime Benoit Hamon.

"La nouvelle génération d'accords commerciaux doit reposer sans doute sur la baisse des tarifs douaniers entre deux grandes économies, mais surtout sur des exigences fortes sur les modèles de développement et qui comporte des dimensions environnementales et écologiques".

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